Avec notre correspondant à Bruxelles, Pierre Benazet
Un sommet organisé, mercredi 11 février, dans le port d’Anvers avec les dirigeants des industries européennes et plusieurs chefs d’États et de gouvernements a donné un aperçu des débats à venir ce jeudi 12. Dans sa lettre d’invitation, qui donne le cadre de ce sommet informel, le président du Conseil européen Antonio Costa propose aux 27 une réflexion en deux temps. Il y a d’abord le constat, « le contexte géoéconomique », avec l’accélération des pressions commerciales liées aux droits de douane américains, à la concurrence de la Chine dans tous les secteurs, à la raréfaction des accès aux matières premières critiques.
Le constat d’urgence est partagé par tous. Il faut des solutions fortes pour éviter le déclin, affirme le chancelier allemand Friedrich Merz. Il faut faire de l’Europe une puissance indépendante, abonde le président français Emmanuel Macron. Mais le deuxième temps de la réflexion, à savoir les stratégies à adopter, ne fait pas consensus.
Tous sont par exemple favorables à une simplification administrative ou à l’utilisation de fonds publics pour investir dans des secteurs prioritaires afin d’attirer ensuite l’investissement privé. Des tiraillements sont en revanche déjà sensibles sur la façon de trouver les fonds. Emmanuel Macron remet sur la table l’idée d’euro-obligations car les trois emprunts émis en commun par l’Union européenne (UE) ont, selon la France, montré qu’il existait des capitaux disponibles. Mais l’Allemagne exprime d’ores et déjà ses doutes.
De la même façon, la définition française de la préférence européenne est jugée trop restrictive par Friedrich Merz soutenu d’ailleurs sur plusieurs points par l’italienne Giorgia Meloni, signe d’un affaiblissement potentiel de la position française au sein du Conseil européen.
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