jeudi, mars 5
Sur le toit de l’ambassade de Cuba, à Quito (Equateur), le 4 mars 2026.

L’Equateur a pris des mesures pour expulser, mercredi 4 mars, l’ambassadeur de Cuba, lui donnant deux jours pour quitter Quito, avec l’ensemble de sa mission diplomatique.

Sans détailler ses motivations, comme l’y autorise la Convention de Vienne, le ministère des affaires étrangères équatorien a déclaré Basilio Gutiérrez « persona non grata » et a accordé « un délai de quarante-huit heures (…) pour que l’ambassadeur et tous les fonctionnaires de cette mission diplomatique quittent le territoire national », selon un communiqué.

Peu après l’annonce, un homme a été aperçu sur le toit de l’ambassade cubaine à Quito, en train de brûler un sac de papiers dans un four. L’incinération a été observée par l’Associated Press (AP) et diffusée plus tard dans une vidéo sur les réseaux sociaux par le président équatorien, Daniel Noboa, qui a commenté : « Un barbecue de papier. » Les autorités équatoriennes n’ont pas fourni plus de détails sur l’incident, ni identifié l’homme.

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M. Noboa, qui a cherché à se positionner comme un dirigeant intransigeant envers la criminalité, est un proche allié du président américain, Donald Trump, dont le gouvernement a durci les mesures de blocus contre Cuba. Mardi, Quito a d’ailleurs ordonné la fin des fonctions de son ambassadeur à La Havane. Et le même jour, les États-Unis et l’Équateur ont annoncé avoir lancé des opérations militaires conjointes contre les groupes criminels organisés dans ce pays andin.

« Immense indignation »

Tandis qu’une vingtaine de manifestants se sont rassemblés devant l’ambassade cubaine à Quito pour protester contre la décision du gouvernement équatorien, La Havane a dénoncé « un acte inamical et sans précédent, qui porte gravement atteinte aux relations historiques d’amitié et de coopération entre les deux pays et les deux peuples », dans un communiqué du ministère des affaires étrangères.

« Il ne semble pas fortuit qu’il ait été décidé dans un contexte marqué par le renforcement de l’agression des Etats-Unis contre Cuba et par les fortes pressions exercées par le gouvernement de ce pays sur des Etats tiers pour qu’ils se joignent à cette politique », a dénoncé Cuba, qui entretenait des relations bilatérales avec l’Equateur depuis 1960.

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« Cela m’a causé une immense indignation, une grande honte », a affirmé à l’Agence France-Presse (AFP) Maria Augusta Calle, ancienne ambassadrice de l’Equateur à Cuba.

Les Etats-Unis, qui ne cachent pas leur souhait de voir un changement de régime à Cuba, appliquent une politique de pression maximale sur La Havane, soumise depuis plusieurs semaines à un blocus énergétique de facto imposé par son puissant voisin. Washington invoque la « menace exceptionnelle » que ferait peser sur la sécurité nationale américaine l’île communiste située à 150 kilomètres des côtes de la Floride.

Le Monde avec AP et AFP

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