Léon XIV célèbre dimanche Pâques pour la première fois, la fête la plus importante du calendrier chrétien étant assombrie cette année par la guerre au Moyen-Orient qui entraîne de lourdes restrictions pour les fidèles de la région.
Le pape américain présidera la messe de Pâques sur la place Saint-Pierre au Vatican à 08H30 GMT, avant de prononcer à 10H00 GMT sa traditionnelle bénédiction « Urbi et Orbi » (à la ville et au monde) devant des milliers de fidèles, un discours particulièrement attendu cette année.
Samedi soir, l’ombre du conflit au Moyen-Orient planait sur la Vigile pascale célébrée sous les ors de la basilique Saint-Pierre de Rome, une cérémonie riche en symboles représentant la résurrection du Christ à travers le passage des ténèbres à la lumière.
Dans son homélie, le chef de l’Eglise catholique a appelé à « un monde nouveau, de paix et d’unité », dénonçant les divisions créées par « la guerre, l’injustice, la fermeture entre les peuples et les nations ».
Ces derniers jours, le pape, natif de Chicago, a multiplié les appels diplomatiques, allant jusqu’à interpeller Donald Trump qu’il a invité à « chercher une porte de sortie » au conflit.
De la vieille ville de Jérusalem, désertée et barricadée, au sud du Liban où les villages chrétiens sont en première ligne des bombardements israéliens, la guerre confère aux à Pâques une tonalité grave qui contraste avec la joie habituelle des festivités.
A Jérusalem, les célébrations liturgiques dans la basilique du Saint-Sépulcre, édifiée sur le lieu de la Résurrection de Jésus selon la tradition, se tiennent à huis clos suite aux restrictions sur les rassemblements imposées depuis le déclenchement de la guerre avec l’Iran le 28 février.
« C’est la première fois de ma vie que je vois un lieu saint totalement fermé », a confié à l’AFP Jack Straw, un habitant de la vieille ville de Jérusalem.
« C’est triste… Le Sépulcre est vide. C’est le symbole de l’événement le plus important de l’histoire chrétienne », a ajouté l’homme de 52 ans, disant espérer « que cette fermeture ne durera que cette année ».
– « Tragique »-
« Les portes restent closes », a déclaré dans son homélie le patriarche latin de Jérusalem, le cardinal Pierbattista Pizzaballa, lui-même empêché d’entrer dimanche dernier par la police israélienne, un incident qui avait suscité un tollé international.
« Le silence est presque absolu, seulement troublé au loin par les ravages que la guerre continue de causer sur cette terre sainte et déchirée », a-t-il déploré, selon le texte publié par son bureau.
Même tonalité au Liban où les localités à majorité chrétienne du sud sont prises au piège des combats en cours depuis un mois entre Israël et le mouvement chiite Hezbollah, soutenu par l’Iran.
À Debel, près de la frontière israélienne, les habitants se préparent à célébrer la messe de Pâques dimanche matin, alors que résonnent sans relâche les bombardements autour du village, désormais presque totalement coupé du monde et dépendant des convois d’aide humanitaire.
« La situation est tragique », a confié samedi à l’AFP un responsable de la ville, Joseph Attieh. « Les gens sont terrifiés. Les bombardements et les tirs n’ont pas cessé » depuis vendredi soir.
Malgré tout, la messe de Pâques aura lieu comme prévu. « Nous avons confiance en Dieu » a affirmé M. Attieh, car « c’est le seul espoir auquel nous ne renoncerons pas ». Selon lui, un convoi d’aide doit arriver dimanche à Debel, en présence du nonce apostolique – l’ambassadeur du Saint-Siège.
A Dubaï, aux Emirats arabes unis, les messes sont annulées depuis vendredi et jusqu’à nouvel ordre « suite aux directives du gouvernement ». A Damas, elles ont été limitées à l’intérieur des églises, après des tensions dans une ville chrétienne du centre de la Syrie.
A Rome, Pâques ravive aussi la mémoire du pape François: en 2025, le jésuite argentin avait fait sa dernière apparition publique lors d’un ultime bain de foule sur la place Saint-Pierre le dimanche de Pâques, quelques heures avant sa mort.
Cette Semaine Sainte a été l’occasion pour son successeur d’imprimer davantage sa marque en revenant à une liturgie plus classique: pour le Jeudi saint, il a lavé les pieds de 12 prêtres, et a porté lui-même la croix lors du Chemin de Croix au Colisée vendredi soir.
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