jeudi, juin 4

  • Le groupe a annoncé ce jeudi 4 juin une réorganisation impliquant la fermeture de 4 sites français.
  • 178 postes seront supprimés d’ici 2028.
  • Des solutions de reclassement en interne seront proposées, ainsi qu’un plan de départ volontaire à la retraite.

Le fabricant de matériel électrique Legrand a annoncé ce jeudi 4 juin à l’AFP qu’il allait procéder à une réorganisation dans l’Hexagone. Quatre sites seront ainsi fermés et agrégés à d’autres, et 178 postes seront supprimés d’ici 2028. Le groupe proposera des solutions de reclassement en interne, ainsi qu’un plan de départ volontaire à la retraite, est-il précisé. Il compte par ailleurs investir « plus de 80 millions » d’euros en France.

« Ces regroupements ont pour objectif de renforcer la spécialisation des sites français dans des gammes et technologies clés, d’accroître leur compétitivité » entre autres, se justifie le fabricant. Cela « doit permettre à Legrand de consolider ses positions historiques tout en se donnant les moyens d’accélérer sur les solutions au service de la transition énergétique et numérique. »

Quatre sites fermés

Dans le détail, le projet prévoit que les sites de Pont-en-Royans (Isère), Lagord (Charente-Maritime), Confolens (Charente) et Châlus (Haute-Vienne) seront fermés progressivement d’ici à la fin 2028. Leurs activités seront redéployées vers les sites de Magré (Haute-Vienne), Sitel (Haute-Vienne), Sillé-le-Guillaume (Sarthe). Enfin, l’ensemble des activités et des salariés de l’usine de Pont-en-Royans (Isère) sera transféré sur le site voisin de Saint-Marcellin. 

« On a beaucoup de petits sites, on va les regrouper pour créer des centres de compétences qui vont nous permettre de continuer à être compétitifs avec cette ambition du fabriqué en France », explique Morgan Malecotte, le directeur de Legrand France, à l’AFP. « On va investir 20 millions d’euros sur ces sites afin de pouvoir accueillir les activités », précise-t-il. « En parallèle, on investit 60 millions d’euros sur les activités de la transition numérique et énergétique. »

« Un marché historique très dégradé »

Sur le plan social, « on est dans le cadre juridique d’un PSE (Plan de sauvegarde de l’emploi, ndlr), donc il peut, théoriquement, y avoir des licenciements si des personnes ne souhaitent pas être reclassées », a souligné Morgan Malecotte.Ce PSE ne concerne que trois des quatre sites concernés. « On va pouvoir proposer des solutions de reclassement à tous ceux qui le souhaitent », a-t-il cependant assuré.

Il explique que ce plan répond aux besoins d’investissements de Legrand dans le numérique et les centres de données, alors que le marché de la construction souffre depuis plusieurs années : « On a un marché historique très dégradé, une compétition forte dans les pays asiatiques, des coûts qui ont augmenté fortement sur la période et un besoin d’investir. »

Legrand a déjà procédé à une réorganisation de sites en France, fin 2024, en réponse à la crise du bâtiment. Ces mesures d' »adaptation » concernaient quatre établissements en Haute-Vienne, dans l’Aisne et en Normandie, sans aucun licenciement. 

Le groupe a réalisé un bénéfice net de 1,2 milliard d’euros en 2025 (6,7%) et un chiffre d’affaires de 9,5 milliards (9,6%). Il table pour 2026 sur une croissance de 10% à 15% de son activité.

Isabelle MISSIAEN

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