De grosses bulles d’air, venues des profondeurs, surgissent des flots indigo de la mer des Caraïbes. « Ils ne vont plus tarder », dit Philippe Thélamon, agent du service opération du Parc naturel marin de Martinique (PNMM), à bord du bateau de l’Office français de la biodiversité qu’il pilote en ce samedi matin de la fin janvier. Trois plongeurs émergent peu après, se hissent à bord de l’embarcation et placent leur butin dans une glacière : des éprouvettes contenant des organismes marins prélevés aux abords de la caye d’Olbian, haut-fond rocheux prisé des adeptes de plongée sous-marine, non loin du rocher du Diamant, îlot volcanique à l’allure inhospitalière, emblématique du sud de la Martinique.
« Nous avons recueilli 13 échantillons d’éponges appartenant à six espèces différentes », dit Thierry Pérez, directeur de recherche au CNRS. Parmi les spécimens collectés, « il y a peut-être deux nouvelles espèces », espère-t-il. L’affable chercheur, spécialiste en écologie marine à l’université d’Aix-Marseille, conduit une équipe d’une douzaine de spécialistes sur l’île des Antilles dans le cadre du programme Atlasea. Objectif de ce projet copiloté par le CNRS : séquencer le génome de 4 500 espèces végétales et animales présentes dans les eaux territoriales françaises d’ici à 2030, dont une partie est d’ores et déjà menacée par le réchauffement climatique.
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