
La façon dont votre esprit fonctionne vous intéresse-t-elle ? Voici pour vous une petite expérience de pensée – ou plutôt de non-pensée. Plongez dans Guerre et Paix, de Léon Tolstoï, après avoir demandé à un proche d’interrompre votre lecture de façon aléatoire, pour que vous lui racontiez ce qui vous passait par la tête durant les cinq secondes précédentes. Il se peut que vous vous disiez captivé par l’intrigue, ou que vous avouiez avoir pris la tangente vers quelque rêverie connexe. Mais il se pourrait aussi que vous n’ayez rien à déclarer du tout. Sauf avoir eu l’esprit vide, et être incapable de rapporter un quelconque contenu mental.
Cet état transitoire de conscience appauvrie a été qualifié de mind blanking, de « blanc » ou de « vide mental ». Ce sont deux chercheurs en psychologie, alors à Harvard, Adrian Ward et Daniel Wegner, qui ont forgé cette notion, en 2013, après avoir mis le phénomène en évidence dans une série d’expériences, dont celle du pavé de Tolstoï – un ouvrage choisi pour sa capacité « à induire des rêveries ». Depuis, il a été montré, lors de tâches exigeant une forme de concentration, que les sujets étaient dans cet état de vide mental 15 % des fois où on leur demandait de décrire leur état de conscience. Et dans 6 % des cas lorsqu’ils se reposaient.
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