mercredi, février 18
Des policiers de l’unité cynophile devant le siège de La France Insoumise suite à une alerte à la bombe, à Paris, le 18 février 2026.

Le siège national de La France insoumise, situé dans le 10e arrondissement à Paris, a été évacué à la suite d’une menace à la bombe, mercredi 18 février, dans un climat d’extrêmes tensions après la mort du militant nationaliste Quentin Deranque à Lyon, a annoncé le coordinateur du mouvement, Manuel Bompard, sur X. « Le siège national de La France insoumise vient d’être évacué suite à une menace à la bombe. Les services de police sont sur place. L’ensemble des salariés et des militants sont en sécurité », a-t-il écrit.

« Un cap est franchi. Ceux qui utilisent le drame et la mort d’un jeune homme pour s’en prendre à La France insoumise doivent cesser leurs abjectes manœuvres », a aussitôt dénoncé la vice-présidente (LFI) de l’Assemblée Clémence Guetté.

Cinq jours après la mort de Quentin Deranque, et au lendemain de l’interpellation de neuf suspects – dont celle d’un assistant parlementaire du député Raphaël Arnault –, La France insoumise (LFI) est dans la tourmente.

« La France insoumise doit faire le ménage dans ses rangs, et moi j’appelle la présidente [du groupe LFI à l’Assemblée] Mathilde Panot à exclure Raphaël Arnault de son groupe, ou tout du moins à l’exclure temporairement pour marquer cette clarification, pour dire non à la violence », a déclaré la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, sur Franceinfo. Jugeant que les Français ont « toutes et tous une responsabilité » quand ils votent pour les « insoumis », elle a appelé à ce qu’il n’y ait « plus jamais un député LFI au sein de l’Assemblée nationale ».

Jordan Bardella a, lui, estimé, sur Europe 1 et CNews, que Raphaël Arnault « n’a pas sa place à l’Assemblée nationale » et devrait « démissionner ».

« Tirer le bilan politique de ce qu’il s’est passé »

De son côté, la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a appelé, sur TF1, « chaque parti politique à se poser la question » : est-ce que « tel député ou tel élu est susceptible de me représenter, de représenter la nation et de porter le nom de mon parti » ? Elle a regretté que Jean-Luc Mélenchon « n’ait pas prononcé des mots d’apaisement » mardi soir, l’accusant également de « l’avoir fait huer » devant ses militants.

M. Mélenchon a déclaré que La France insoumise « n’accepte pas les leçons » de Sébastien Lecornu, qui avait demandé plus tôt au mouvement de gauche radicale de « faire le ménage » dans ses « rangs » après la mort de Quentin Deranque.

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La présidente de l’Assemblée a demandé à ce « que tous les responsables politiques en appellent au calme, au débat d’idées ». « Là on parle de l’ultragauche, mais il y a aussi des groupuscules d’extrême droite qui sont dans la rue, qui aussi cherchent la bagarre et qui commettent des actes répréhensibles et sont mis en examen et parfois incarcérés », a-t-elle ajouté. Elle s’est en revanche dite opposée à une interdiction générale des réunions politiques dans les universités. « Chacun a le droit de pouvoir s’exprimer dans des universités (…) Il ne faut pas d’interdiction générale, parce que nos jeunes ont besoin de former leur esprit. »

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Sur Franceinfo, Alexis Corbière, député du groupe Ecologiste et social et ancien membre de LFI, a estimé qu’« il faut qu’ils [les “insoumis”] tirent un bilan politique de ce qu’il s’est passé ». Il a dénoncé « un drame terrible » qui implique « des militants, des gens proches de la Jeune Garde ». « Il faut lutter contre l’extrême droite de manière efficace, sur une ligne d’union », a martelé le député. Il s’est opposé à la « stratégie de défaite » de Jean-Luc Mélenchon qui, selon lui, « exalte une ligne radicale qui est une impasse ».

M. Corbière a enfin dénoncé « l’attitude à la Trump » de Gérald Darmanin, ministre de la justice, dans le traitement de cette affaire. « Le soir même ou le lendemain de la mort terrible de cet homme, il en tirait déjà des conclusions », a-t-il regretté – le garde des sceaux avait déclaré dimanche que « c’est l’ultragauche qui manifestement a tué » Quentin Deranque. « Ils sont en train de dire que la gauche tue, l’extrême gauche tue », a dénoncé M. Corbière, évoquant « une opération qui a pour conséquence de dédiaboliser en plus l’extrême droite. »

Le Monde avec AFP

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