mardi, janvier 13
Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, à Berlin, le 2 avril 2025.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a affirmé, mardi 13 janvier, que la décision de l’administration Trump de se retirer de l’agence onusienne était dangereuse pour les Etats-Unis comme pour le reste du monde.

« Le retrait de l’OMS est une perte pour les Etats-Unis, et c’est aussi une perte pour le reste du monde », a affirmé le directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, depuis le siège de l’agence à Genève. Ce retrait « met en danger la sécurité des Etats-Unis (…) et celle du reste du monde ; ce n’est donc pas la bonne décision », a-t-il dit.

Quelques heures seulement après son retour à la Maison Blanche, le 20 janvier 2025, le président américain, Donald Trump, avait signé un décret ordonnant le retrait des Etats-Unis de l’OMS. La procédure de retrait, d’une durée d’un an, doit se terminer la semaine prochaine.

Le directeur de l’agence onusienne a souligné que « de nombreuses actions menées par l’OMS profitent aux Etats-Unis (…), notamment en matière de sécurité sanitaire ». « C’est pourquoi j’ai dit que les Etats-Unis ne peuvent pas être en sécurité sans collaborer avec l’OMS », a-t-il insisté, en disant « espérer que les Etats-Unis revien[nent] sur leur décision ».

Retard de paiement

Le conseiller juridique principal de l’OMS, Steve Solomon, a déclaré qu’il était encore difficile de prévoir la date exacte du retrait effectif. Il a expliqué aux journalistes que la Constitution de l’OMS ne comporte pas de clause de retrait, mais que Washington avait pris des dispositions en 1948 se réservant le droit de se retirer, sous certaines conditions.

L’une de ces conditions était le respect d’un préavis d’un an, et la seconde le règlement intégral des cotisations américaines pour l’exercice en cours, a-t-il précisé. Or, actuellement, « les Etats-Unis sont en retard de paiement pour 2024 et 2025 », a-t-il affirmé, en ajoutant que les Etats membres de l’OMS devraient examiner si cette condition est remplie. Il n’a en revanche pas précisé quelles étaient les sommes dues par les Etats-Unis.

A l’heure où les coupes budgétaires drastiques dans l’aide internationale frappent durement les systèmes de santé du monde entier, Tedros Adhanom Ghebreyesus a rappelé que « le financement est essentiel (…) pour que l’OMS puisse pleinement remplir sa mission ».

Il a toutefois insisté sur le fait que, lorsqu’il appelle les Etats-Unis à réintégrer l’OMS, « il ne s’agit pas d’une question d’argent ». « Ce qui compte le plus, c’est la solidarité, la coopération et la préparation du monde entier à toute éventualité, face à un ennemi commun comme un virus, comme le Covid-19 », a-t-il argué.

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Le Monde avec AFP

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