samedi, mars 7
Nature morte des fruits du verger.

A ses yeux, c’est une promesse de plaisir. Le rectangle d’herbe, situé derrière son pavillon des années 1970, ne présente encore que des alignements d’arbres frêles. Mais, dans quelques années, René Laurensou entend bien goûter sa première prune : « Je l’imagine entamée par les guêpes, piquée par les oiseaux, à peine mûre. Il ne restera qu’un dé à coudre de cette prune d’Oullins, qui est ma madeleine de Proust, la douceur de mon enfance… »

Avec sa faconde de comédien amateur, l’expert balistique – qui s’est replié à Sainte-Fortunade, en Corrèze, pour sa retraite – évoque ce fruit qu’il ramassait à terre dans le verger parental, « prenant un petit risque. Souvent une guêpe était posée dessus et elle n’était pas folle : la prune au sol était la plus sucrée ». Le sexagénaire en polaire a tant de souvenirs des poires, des pommes, des « curieux coings qu’on ne pouvait pas manger comme ça », des cerises « qui passaient trop vite » : « J’étais en concurrence avec les clafoutis. Finalement, c’étaient les oiseaux qui en avaient le plus. »

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