lundi, août 17

Deux statistiques sont tombées à quelques heures d’intervalle à Tokyo.

Les investisseurs obligataires ont propulsé le rendement de l’emprunt d’État japonais à dix ans à un plus haut de trente ans, avant que le gouvernement n’annonce une croissance à peine à la moitié du rythme anticipé par les économistes, un contraste qui en dit long sur ce qui fait réellement bouger les marchés japonais en ce moment.

L’économie a progressé à un rythme annualisé de 1,1 % au deuxième trimestre, selon les données du Cabinet Office, bien en deçà de la prévision de 2,0 % et en baisse par rapport au rythme de 1,9 % du premier trimestre, déjà révisé à la baisse.

D’un trimestre sur l’autre, le PIB n’a gagné que 0,3 %, contre une prévision de 0,5 %, signant une troisième expansion consécutive. La consommation des ménages est restée quasi stable et les dépenses d’investissement ont reculé de 1,2 %, tandis que les exportations nettes, dopées par la faiblesse du yen, ont ajouté 0,5 point de pourcentage à la croissance.

Le rendement de l’emprunt d’État japonais à dix ans (JGB) a touché 2,93 % plus tôt dans la journée, son plus haut niveau depuis septembre 1996, avant de se détendre légèrement après la publication des chiffres du PIB.

Le décalage entre une croissance faible et des rendements obligataires en hausse éclaire ce qui anime aujourd’hui les obligations japonaises : non pas la croissance, mais l’inflation et la monnaie.

Le déflateur du PIB a augmenté de 2,6 % sur un an, et les opérateurs parient de plus en plus sur un relèvement du taux directeur de la Banque du Japon, actuellement à 1 %, déjà un plus haut de trente ans, dès septembre, afin de contenir l’inflation et de soutenir le yen.

Tokyo et Washington dépensent des milliards pour défendre le yen

Le yen est tombé à 163,73 pour un dollar américain fin juillet, son plus bas niveau depuis près de quarante ans, ce qui a poussé le Japon et les États-Unis à mener leur première intervention conjointe sur le marché des changes depuis 2011.

Le Japon a mobilisé quelque 85 milliards de dollars (73,3 milliards d’euros) sur les deux premiers jours seulement, tandis que l’intervention américaine est restée beaucoup plus limitée, selon Goldman Sachs.

L’opération a ramené le yen autour de 159 pour un dollar.

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Les taux d’intérêt japonais et américains restent aujourd’hui très éloignés, le taux directeur de la Réserve fédérale se situant toujours entre 3,50 % et 3,75 %. La réunion de septembre de la Banque du Japon est perçue comme le prochain test de la capacité du yen à poursuivre son redressement.

Le marché obligataire japonais a des répercussions bien au-delà de Tokyo en raison du carry trade en yen, cette stratégie où les investisseurs empruntent à bas coût en yen pour financer des achats d’actifs plus rémunérateurs à l’étranger, des bons du Trésor américains aux dettes des pays émergents.

La remontée des rendements japonais rogne la rentabilité de ces opérations et peut contraindre à des débouclements rapides, comme en août 2024, quand une hausse de taux de la Banque du Japon, combinée à de mauvais chiffres de l’emploi américain, a fait plonger le Nikkei de plus de 12 % en une seule séance et reculer le S&P 500 d’environ 3 %.

Avec des rendements des JGB à leurs plus hauts niveaux depuis trente ans et de nouveaux resserrements encore anticipés, les analystes estiment que les conditions d’un choc similaire sont loin d’avoir disparu.

Ce texte a été traduit avec l’aide de l’intelligence artificielle. Signaler un problème : [feedback-articles-fr@euronews.com].

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