
L’écriture de Guérir Vénus. Décoloniser l’amour (Wildproject, 2025), de Raisa Inocêncio déroutera plus d’un lecteur. La philosophe et artiste brésilienne « pirate » la langue française, qu’elle travaille tantôt en universitaire, tantôt en callejera, en fille de la rue, elle qui vient d’un milieu populaire. Néanmoins, la chercheuse associée à l’université de Brasilia ainsi qu’à l’Université fédérale de Rio de Janeiro déploie une riche démonstration. A travers la relecture de Platon, de Georges Cuvier et d’autres médecins du XIXe siècle ainsi qu’un nouveau regard porté notamment sur les tableaux de Botticelli, elle observe comment la déesse romaine, souvent présentée comme idéal féminin, est aussi utilisée pour désigner une femme maléfique.
A tel point que « cette figure, avec ses attributs érotiques et féminins, est convoquée la majorité du temps pour réprimer, marginaliser ou inférioriser les femmes ». Dans une approche intersectionnelle et décoloniale, l’autrice étudie comment ces diverses représentations s’inscrivent dans une culture patriarcale violente, qui brutalise les femmes selon qu’elles sont blanches, noires, bourgeoises, pauvres, trans… de manière à la fois spécifique et similaire.
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