- La demande pour décrocher une place dans un jardin partagé est forte, avec souvent des mois d’attente.
- Alors les mauvais élèves peuvent se faire exclure.
- Regardez ce reportage du JT de TF1 dans le Bas-Rhin.
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Le 13H
Régine Kryzowski, responsable de la gestion des jardins familiaux à Illkirch-Graffenstaden, dans le Bas-Rhin, est en pleine tournée d’inspection. Elle commence par un bon point : « Ça, c’est une personne qui vient d’avoir le jardin. On a vu qu’il a bien travaillé sa terre déjà
« . Mais comme partout, il y a les bons élèves, et ceux qu’il faut rappeler à l’ordre. « Ce jardin n’est pas fait régulièrement
, pointe un peu plus loin Régine Kryzowski. Je pense que le prochain courrier, ça va être une résiliation
« .
Car à Illkirch-Graffenstaden, les jardins familiaux ne doivent pas devenir des aires de jeu : la surface doit à 60% être cultivée en potager. On tolère le gazon et les fleurs, mais pas le reste. « Il y a des mauvaises herbes, donc les jardins à côté ont également des mauvaises herbes et se plaignent
« , explique Régine Kryzowski. Dans la commune, il y a 360 parcelles, louées entre 60 et 200 euros par an. En mars, Régine Kryzowski prend des photos, comme elle le fait face à notre caméra dans le reportage du JT de TF1 visible en tête de cet article. Le locataire recevra d’abord un courrier, avant la résiliation du bail s’il fait la sourde oreille : « On leur dit bien que ce n’est pas seulement pour les barbecues, qu’il faut principalement planter, c’est l’objectif. Après, c’est quand même un lieu de détente
« .
Ce n’est pas André Coelsch, locataire ici, qui vous dira le contraire. Sa parcelle est parfaitement entretenue, quotidiennement ou presque. Pour lui, les exigences de la mairie sont légitimes. « Je serais même plus strict, moi. C’est dommage, c’est quelque chose qui est mis à disposition, ce n’est pas trop cher. Le moindre respect, c’est de l’entretenir
« , estime-t-il. Cultiver des légumes, c’est la raison d’être de ce que l’on appelait autrefois les jardins ouvriers. Ici, c’est comme une micro-société dans laquelle on essaie de s’entraider. Pour 15 euros par an, une association propose à ses membres du matériel en location. Dans son bureau, Patrick Histel, président de la Société des amis des jardins familiaux d’ Illkirch-Graffenstaden, vend des semences, prodigue des conseils. Pour lui aussi, jardin rime avec entretien. Ne pas le faire, souligne-t-il, « c’est du gâchis, car on sait qu’il y a plein de monde qui attend des parcelles, donc c’est un peu dommage
« .
Rémi Gesbert, locataire d’un des jardins, a patienté deux ans avant de pouvoir bêcher. Cette année, il compte sur sa récolte de tomates pour faire des heureux autour de lui. Il y passe beaucoup de temps, mais ça en vaut la peine. « L’année dernière, je suis à peu près à 30 kg de tomates. Le but, c’est de faire des économies et surtout de faire partager aux autres
« , dit-il. Chaque année, quinze personnes perdent leur jardin faute d’entretien. Un renouvellement qui ne permet pas de répondre à toutes les demandes. Rien qu’ici, une centaine de personnes est sur liste d’attente.




