mardi, juillet 7

Avec notre correspondant à Nouakchott, Oumar El-Hadj Thiam

Le nouveau président du Bénin, Romuald Wadagni, a achevé lundi 6 juillet une visite officielle en Mauritanie qui a notamment été marquée par un long tête-à-tête avec son homologue, Mohamed Ould Ghazouani.

Si elle n’a débouché sur aucune déclaration publique, elle a donné lieu à des discussions au menu desquelles il y avait une urgence majeure, à savoir la crise sécuritaire régionale.

Pour l’analyste politique Backary Gueye, le Bénin cherche avant tout des alliances face aux fractures en Afrique de l’Ouest : « Le Bénin fait face à des défis sécuritaires, notamment des problèmes diplomatiques avec les pays de l’AES [l’Alliance des États du Sahel formée par le Burkina Faso, le Mali et le Niger, trois pays dirigés par des régimes militaires, NDLR], et en particulier avec le Niger avec lequel la frontière est fermée. C’est une visite qui vise donc à renforcer la coopération entre les deux pays sachant qu’au niveau de cette région, il y a une instabilité sur le plan sécuritaire et politique. »

À lire aussiBénin-Niger: trois projets de coopération sur la table en vue d’une normalisation des relations

Une instabilité qui frappe directement le Bénin, confronté ces dernières années à une poussée des attaques du Groupe de soutien à l’Islam et aux Musulmans (Jnim), lié à al-Qaïda, dans sa partie nord.

Vers un rapide partage de renseignements ?

Pour endiguer cette menace commune à tout le golfe de Guinée, Cotonou veut s’en remettre au modèle mauritanien, assure Backary Gueye : « La Mauritanie est très bien cotée sur le plan de la lutte contre le terrorisme. Elle a une expertise qu’elle pourrait partager. Elle abrite notamment le Collège de défense du G5 Sahel [créé en 2018 à Nouakchott à l’initiative des États membres du G5 Sahel, une organisation sous-régionale aujourd’hui moribonde, NDLR], une école de très haute facture qui pourrait éventuellement accueillir des officiers supérieurs béninois pour une consolidation de leur formation ».

Au-delà de la formation militaire, ce partenariat naissant devrait rapidement se traduire par un partage direct de renseignements.

Share.
Exit mobile version