Le ministre de l’Éducation nationale, Edouard Geffray, a annoncé vouloir créer un poste de « défenseur des droits des enfants » afin de prévenir et d' »agir immédiatement » contre les violences commises en milieu scolaire.
« Toute personne pourra le saisir d’une question, lui signaler une suspicion mal prise en charge, que ce soit sur le temps scolaire ou périscolaire », a rapporté le ministre de l’Éducation nationale dans les colonnes du Monde, ce mercredi 28 janvier.
Parmi les missions attribuées, le « défenseur des droits des enfants » devra s’assurer du suivi des signalements et faciliter dans le même temps les démarches administratives des familles de victimes.
Renforcement des contrôles
Face aux récentes affaires de violences sexuelles, le ministre de l’Éducation nationale annonce aussi le renforcement des contrôles dans les établissements scolaires. Si lors de son embauche chaque agent doit fournir la preuve d’un casier judiciaire vierge, il fera désormais l’objet d’un suivi de situation par le gouvernement en lien avec le parquet.
« L’idée est donc de faire repasser tous les personnels dans les bases, tous les trois ou cinq ans, pour s’assurer qu’il n’y a pas quelque chose qui nous aurait échappé », précise Edouard Geffray. « Je souhaite aussi que l’on vérifie systématiquement les antécédents pour les intervenants extérieurs à l’école », ajoute-t-il.
« À partir du moment où l’enfant passe la porte de l’école, elle doit être pour lui un lieu de confiance absolue », affirme le ministre.
En 2025, 1.000 contrôles ont été réalisés dans les établissements privés, selon les chiffres du ministère de l’Éducation nationale. Édouard Geffray assure atteindre l’objectif de 40 % d’établissements privés contrôlés en 2027.
Entre 30 et 40 radiations chaque année
Sur 1,2 million d’agents en poste, 30 à 40 membres de personnel de l’éducation sont radiés chaque année pour des « faits à caractère sexuel, que ce soit envers des mineurs ou entre adultes », indique le ministre.
Au fil des années, le milieu scolaire est devenu de plus en plus hostile avec 80.000 signalements enregistrés par an contre environ 50.000, il y a dix ans. Un constat qui fait de l’école « le premier lieu de détection des violences contre les enfants », souligne Edouard Geffray.
Cinq mois après sa mise en place, le ministre salue également les bénéfices du programme Evars (éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle) dans les collèges et lycées permettant aux enfants de « libérer la parole », « de reconnaître une situation anormale », et le cas échéant d’apprendre « à dire non ».
L’automne 2025 a été marqué par plusieurs affaires de violences sexuelles visant des mineurs dans le périscolaire à Paris. Au total, une quinzaine de dossiers ont été ouverts pour des faits de pédocriminalité dans des établissements de maternelles et de primaire de la capitale, visant en grande majorité des animateurs de périscolaire.
Ces propos du ministre interviennent alors que les députés Paul Vannier (LFI) et Violette Spillebout (Renaissance), co-rapporteurs de la commission parlementaire lancée après le scandale Bétharram, ont déposé ce mercredi une proposition de loi à l’Assemblée nationale pour « prévenir et lutter contre les violences en milieu scolaire ».
Ce texte fait suite aux travaux menés l’an dernier par la commission d’enquête parlementaire sur les violences dans les établissements scolaires, qui avaient abouti en juillet à un rapport formulant 50 recommandations.
Des « réserves » du secteur
Le secteur de la protection de l’enfance a émis mercredi des « réserves » après les annonces du ministre de l’Education sur la nomination d’un Défenseur des droits des enfants, autorité « qui existe déjà », plaidant plutôt pour un renforcement des moyens existants.
« Si la volonté d’améliorer le repérage des situations de violences faites aux enfants est indéniable, il faut d’abord rappeler qu’il existe déjà une autorité indépendante compétente pour la défense des droits de l’enfant : le Défenseur des droits, et son adjoint le défenseur des enfants », réagit la Convention nationale des associations de protection de l’enfance (Cnape).
Sur le recueil et le traitement des alertes, « la priorité n’est pas de créer un circuit supplémentaire au sein de l’éducation nationale, mais de fiabiliser et d’améliorer la coordination avec l’existant », ajoute cette fédération de 180 associations gestionnaires de services de protection de l’enfance dans un communiqué.
Article original publié sur BFMTV.com




