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  • Le 1er février 1979, après quinze ans d’exil, l’ayatollah Khomeini rentre en Iran.
  • À son retour, une révolution permanente, inspirée par une lecture rigoriste du Coran, va s’installer dans le pays.

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La République islamique célèbre ce dimanche 1er février le quarante-cinquième anniversaire de l’arrivée de l’imam Khomeini dans la capitale iranienne, que le chah Mohammad Reza Pahlavi – qui régnait depuis 1941 – avait quittée deux semaines auparavant. 

On rembobine. 1er février 1979, il est 9h du matin lorsqu’un Boeing 747 d’Air France atterrit à l’aéroport de Téhéran-Mehrabad. Quelques minutes plus tard, une longue silhouette, en robe et turban noirs, pose le pied sur le tarmac, accueillie par une foule de hauts dignitaires. Après quinze ans d’exil, dont 117 jours en France, l’ayatollah Ruhollah Khomeini rentre en Iran, deux semaines après le départ du chah.

Des centaines de milliers de personnes se rassemblent sur la place de la Liberté à Téhéran, anciennement Monument aux Rois, pour acclamer le cortège transportant l’ayatollah Rouhollah Khomeiny, le 1er février 1979.
– GABRIEL DUVAL / AFP

À son arrivée, l’artisan de la chute du chah et architecte principal de la République islamique, dont la proclamation intervient le 1er avril 1979, est accueilli à Téhéran par la vénération d’une foule de quatre millions de fidèles. Cette dernière forme alors une véritable haie de ferveur tout au long du chemin que l’imam va suivre jusqu’à Behesht-e Zahra, où il rend hommage aux victimes des journées d’émeutes sanglantes qui ont émaillé l’année 1978 et fait vaciller le régime du chah. 

Le 18 juin de cette année-là, l’ayatollah Khomeini avait appelé à renverser le chah. Le 4 septembre, entre 200.000 et 500.000 personnes avaient manifesté à Téhéran à l’appel de la hiérarchie chiite pour réclamer le retour de Khomeini.

Khomeini prépare son retour depuis la France

Le 8 septembre 1978, « vendredi noir » à Téhéran, le gouvernement décrétait la loi martiale dans douze villes, dont Téhéran, et dénonçait un « complot financé et dirigé par des forces étrangères« . Des milliers de manifestants se rassemblaient alors à Téhéran et se heurtaient à l’armée (110 morts selon un bilan officiel, plus de 1.000 morts selon l’opposition). Le 6 octobre, l’ayatollah Khomeini, expulsé d’Irak, s’installait à Neauphle-le-Château en banlieue parisienne. C’est de là qu’il conduira la phase finale de sa lutte contre le chah en appelant les Iraniens, sur des cassettes distribuées sous le manteau, à renverser la monarchie. Puis le 16 janvier 1979, sous la pression de la rue et à la demande des Américains, le chah partait en exil, signant la fin du régime impérial.

Revenons en 1979. Après son retour, l’ayatollah Khomeini balaie en dix jours les illusions de voir s’établir en Iran un régime de démocratie parlementaire ou d’assister à une reprise en main par l’armée, comme l’espéraient d’autres. Il annonce son dessein dès sa première conférence de presse : « L’actuel gouvernement, l’actuel Parlement et la dynastie des Pahlavi sont illégitimes. » La constitution islamique est adoptée le 2 décembre par référendum. Sous Khomeini, une révolution permanente, inspirée par une lecture rigoriste du Coran, va s’installer en Iran. L’Islam doit être un mode de vie, un système politique et social global, et les dignitaires religieux doivent occuper les plus hautes fonctions dans la société.

Matthieu DELACHARLERY

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