mardi, septembre 1

  • Plus de 850.000 enseignants ont repris ce lundi le chemin des classes.
  • Une rentrée qui débute dans un contexte de tensions autour des rémunérations.
  • Pour pallier ce manque d’attractivité, le Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan a émis plusieurs recommandations.

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C’est la dernière rentrée scolaire du second quinquennat d’Emmanuel Macron, et les syndicats d’enseignants dressent un bilan sévère. Alors que plus de 850.000 professeurs ont repris lundi 31 août le chemin des classes, pour le Snes-FSU, le constat est même « catastrophique ». 

« Les 10 ans de politique d’Emmanuel Macron ont attaqué l’école dans le sens même de sa mission, c’est-à-dire faire réussir tous les élèves », estime ainsi Sophie Vénétitay, selon qui de nombreux enseignants ont aujourd’hui « perdu le sens de leur métier ». Un malaise confirmé par le dernier baromètre du SE-Unsa, selon lequel seuls 0,3% des quelque 43.000 répondants se disent confiants dans l’avenir du système éducatif.

La baisse des effectifs scolaires, qui concerne déjà le premier degré et qui va se diffuser au collège, nous laisse a priori des marges de manœuvre budgétaires

Pierre-Yves Cusset, chef de projet au sein du Haut-commissariat à la stratégie et au plan

Le salaire est devenu leur première préoccupation. Selon une étude du service statistiques du ministère de l’Education nationale publiée le 20 août, les enseignants gagnaient en moyenne 3.090 euros net par mois en 2024, principalement grâce à des primes. Et les syndicats réclament toujours une revalorisation. Tout comme le Haut-commissariat à la stratégie et au plan qui recommande, dans un rapport publié lundi, d’augmenter leur rémunération, sans donner de chiffre précis. 

« La baisse des effectifs scolaires, qui concerne déjà le premier degré, et qui va se diffuser au collège, nous laisse a priori des marges de manœuvre budgétaires », a souligné en conférence de presse Pierre-Yves Cusset, chef de projet au sein du département société et politiques sociales. « Une partie de ces marges devrait être utilisée pour poursuivre la baisse de la taille des classes et pour revaloriser les rémunérations des enseignants puisqu’on a un problème d’attractivité », a-t-il ajouté.

Une formation recentrée sur « l’observation de la pratique en classe »

Pour revaloriser le métier d’enseignant, le Haut-commissariat à la stratégie et au plan évoque par ailleurs la formation, qu’il propose de recentrer sur « l’observation de la pratique en classe » et sur « la mise en œuvre d’approches pédagogiques et didactiques fondées sur les résultats de la recherche ». « Le souci légitime de favoriser une posture active de la part des élèves a pu conduire à moins investir les outils et les pratiques qui permettent un ancrage durable des connaissances », glisse le rapport.

En outre, il formule 11 recommandations pour améliorer le niveau des élèves français, constatant leurs « faibles performances » par rapport aux pays de l’OCDE. Il suggère par exemple d’instaurer une semaine de cours de quatre jours et demi « au minimum », « comme cela est la norme dans les pays de l’OCDE », d’évaluer les manuels scolaires, estimant que « tous ne se valent pas », et d’« expérimenter une spécialisation » des professeurs des écoles, reconnue par des certifications, en fonction du cycle d’apprentissage ou de la discipline.

Selon les auteurs, les difficultés des élèves ne sont pas dues aux volumes horaires de maths ni en français, supérieurs à la moyenne européenne à l’école élémentaire. En revanche, les volumes d’instruction des sciences sont « faibles ». Le rapport estime par ailleurs que les réformes devraient être « évaluables », notamment du point de vue de « leurs effets sur les résultats des élèves », et que ces résultats devraient être rendus publics. 

« La France réforme souvent son éducation nationale, sans doute trop souvent », pointe le Haut-commissariat, qui juge qu’il « faut laisser le temps aux réformes et à leurs évaluations de produire leurs résultats ».

Virginie FAUROUX

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