vendredi, janvier 23
Loïc Corbery et Christophe Montenez dans « Hamlet », d’après Shakespeare, mis en scène par Ivo van Hove, à l’Odéon-Théâtre de l’Europe, en janvier 2026.

Zoom vidéo sur la pupille de Hamlet. Le laser d’une caméra s’enfonce sous son crâne pour se crisper sur son cerveau en fusion. Ivo van Hove, metteur en scène flamand de la pièce de Shakespeare, traduite par Frédéric Boyer et resserrée autour des personnages phares du drame, ne tourne pas autour du pot. Le spectacle qui a lieu sur la scène de l’Odéon-Théâtre de l’Europe surgit d’un psychisme atomisé par la démence. Autant dire que la représentation sera soumise à des courts-circuits, à des stridences et à des convulsions, puisque ce qui « est pourri dans l’Etat du Danemark » l’est aussi dans la tête de Hamlet.

Le prince va mal. Son père est mort, empoisonné par le frère de ce dernier, Claudius, qui lui a succédé sur le trône et dans le lit conjugal (en épousant Gertrude). Instruit de ce meurtre par le spectre paternel, l’orphelin tente de démasquer le coupable grâce au truchement d’une représentation théâtrale. En vain. Exit l’art et ses impuissances : Hamlet bascule dans la violence.

C’est cette radicalisation d’une jeunesse acculée aux passages à l’acte par le cynisme de ses aînés qu’Ivo van Hove entend représenter. Un projet dramaturgique clair sur le papier, mais peu perceptible dans les faits, malgré la présence engageante et survoltée des cadors de la Comédie-Française : Christophe Montenez (Hamlet), Guillaume Gallienne (Claudius et le spectre du roi mort), Denis Podalydès (Polonius), Loïc Corbery (Horatio), Florence Viala (Gertrude), Jean Chevalier (Laërte et Fortinbras) et Elissa Alloula (Ophelia).

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