Nouvelle dérive du Rassemblement national. Dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale ce jeudi 15 janvier, le député Frédéric-Pierre Vos a établi un lien insensé entre la taxation des plus riches et le génocide au Rwanda, déformant au passage la réalité de ce massacre qui a vu mourir près d’un million de personnes en 1994, selon les estimations de l’ONU.
« La résistance à l’oppression est de ne pas confondre égalité et égalitarisme pour vous transformer en Tutsi pour couper les Hutus sous prétexte qu’ils étaient plus grands », a exprimé l’élu de l’Oise, avocat de profession, ce jeudi 15 janvier dans la matinée. Le tollé ne s’est pas fait attendre. Choqués par ce qu’ils venaient d’entendre, plusieurs députés ont alors rappelé qu’il n’y avait pas lieu de comparer l’imposition des grandes fortunes à un génocide, mais surtout que Frédéric-Pierre Vos s’était trompé dans sa démonstration puisque les victimes de génocide sont les Tutsis. Et non l’inverse.
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« Les propos tenus sont intolérables, c’est absolument honteux, c’est une attitude négationniste. On ne peut pas minimiser ce qui s’est passé, ni comparer un débat fiscal à un génocide où des gens ont été tués à la machette », a dénoncé la présidente du groupe écologiste Cyrielle Chatelain, appelant son collègue à un peu de « dignité ». « Cette phrase est intolérable. Nous ne pouvons pas évoquer un massacre ignoble de cette manière, a aussi fustigé le député Renaissance Hervé Berville, lui-même né au Rwanda. Ce sont des vies brisées, des enfants jetés contre les arbres. Déjà on inverse la victime et le bourreau, et on est censé continuer nos débats ? »
Marie-Agnès Poussier-Winsback, qui présidait les débats à ce moment-là, a promis d’inscrire « l’incident » au procès-verbal et de s’entretenir dans la journée avec la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet en vue d’éventuelles sanctions. « Le bureau de l’Assemblée doit se saisir de ces propos qui sont extrêmement graves », a tonné le président du groupe PS Boris Vallaud. « Il y a des crimes contre l’humanité qui ne peuvent et ne doivent jamais servir de prétexte à une argumentation politicienne entre nous. Ni même servir à un jeu de mot ou trait d’esprit. Un crime contre l’humanité doit nous unir quelle que soit note histoire politique personnelle », a recadré le député LFI Hadrien Clouet.
Ne sachant bien comment réagir, le député RN Jean-Philippe Tanguy a ensuite pris la parole. Penaud, il a « tenu à s’excuser au nom de notre groupe pour les propos qui ont été tenus ». « Des propos que je ne comprends pas évidemment. Nous honorons la mémoire des victimes du génocide au Rwanda », a-t-il seulement affirmé, alors que Marine Le Pen, la présidente du groupe, était absente de l’hémicycle.
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