- Carlos Martens Bilongo a accusé ce mardi le service de renseignement Tracfin, rattaché à Bercy, d’avoir émis contre lui un faux signalement « à la demande d’un pays étranger ».
- Ses accusations s’appuient sur des révélations du média L’Informé.
- Le gouvernement nie « toute ingérence étrangère ».
« Un possible détournement des moyens de l’État pour s’attaquer à un député à la demande d’un pays étranger, c’est un scandale d’État ! »
a dénoncé Carlos Martens Bilongo. Ce mardi 21 octobre, le député de La France insoumise a interpellé le gouvernement sur la « cabale »
et « l’ingérence étrangère »
dont il estime avoir été victime. S’appuyant sur une enquête du média L’Informé, il a accusé le service de renseignement Tracfin, rattaché à Bercy, d’avoir effectué un « faux »
signalement contre lui, à la demande des Émirats arabes unis.
En mars 2023, Carlos Martens Bilongo avait émis des critiques sur l’organisation à venir de la COP28 à Dubaï, capitale des Émirats arabes unis, dans le cadre d’un rapport parlementaire. Un mois plus tard, une enquête avait été ouverte contre le député du Val-d’Oise de 34 ans pour fraude fiscale et blanchiment de capitaux, à la suite d’un signalement de Tracfin. Elle a finalement été classée sans suite en janvier 2025.
Le gouvernement dément
Dans.un.article publié ce lundi 20 octobre, L’Informé affirme que Tracfin a passé « au peigne fin la situation financière »
du député « dans la foulée de la publication du rapport »
sur la COP28. Toujours selon l’article, le service de renseignement aurait agi « sans qu’aucune déclaration de soupçon ne lui ait été adressée »
. « L’alerte vient donc vraisemblablement d’une autre administration ou directement des Émirats arabes unis »
, avance l’enquête. Le média dit avoir consulté « la note complète »
de Tracfin, qu’il décrit comme « truffée d’erreurs ».
Interpellée lors de la séance de questions au gouvernement, la ministre de l’Action et des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a rappelé que Tracfin ne pouvait s’autosaisir, mais seulement agir sur la base de déclarations de soupçons. « Ces principes ont été respectés dans le cas que vous déplorez »
et « il y a eu une déclaration de soupçon qui a été adressée »
, a affirmé la ministre. Tracfin « n’a pas travaillé à la demande d’une autorité étrangère »
, a-t-elle démenti, rappelant toutefois que « l’identité de l’auteur de cette déclaration »
ne pouvait « être révélée ».
La.cheffe.des députés Insoumis, Mathilde Panot, a indiqué avoir « interpellé la présidente de l’Assemblée nationale »
, Yaël Braun-Pivet, sur le sujet, et attendre « une réaction officielle »,
expliquant : « Je veux que puisse être réparé le fait que Carlos Martens Bilongo a été traîné pendant des jours et des jours dans la boue pour absolument rien ».








