
C’est par un message sur Instagram que la cinéaste Erige Sehiri l’a contactée. « Avec moi, les choses commencent toujours par les réseaux sociaux », s’amuse Laetitia Ky, 29 ans, artiste ivoirienne touche-à-tout suivie par 5,7 millions de personnes sur TikTok et 528 000 sur Instagram. La réalisatrice franco-tunisienne a fait de Laetitia Ky, découverte dans un article de la presse féminine, l’une des trois héroïnes de Promis le ciel, sélectionné dans la section Un certain regard au dernier Festival de Cannes, en salle mercredi 28 janvier.
Dans ce long-métrage beau, douloureux et lumineux, qui dénonce le racisme envers les immigrés subsahariens en Tunisie, Laetitia Ky incarne Jolie, une étudiante en ingénierie. Un personnage taiseux, insondable, paumé. A l’exact opposé de l’image qu’elle renvoie sur les réseaux sociaux, où elle s’est d’abord fait connaître grâce à des sculptures capillaires engagées, des posts intimes parfois logorrhéiques et une imagerie frondeuse. « Jolie me ressemble beaucoup », assure l’Abidjanaise, qui s’est installée à New York début novembre 2025. Depuis son appartement de Chelsea, où elle vit en colocation, elle confie par visio : « En vérité, je suis peu sûre de moi. La vie d’artiste n’a rien de prévisible et laisse toujours dans l’inconfort. »
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