mardi, février 3

  • Renommé à Matignon avec l’objectif principal de doter la France d’un budget, Sébastien Lecornu peut souffler : le projet de loi de finances 2026 a été adopté ce lundi.
  • Quels chantiers s’ouvrent désormais pour le gouvernement ?

Suivez la couverture complète

Budget 2026 : le gouvernement Lecornu II obligé d’utiliser le 49.3

Un sacré chantier qui se referme. Près de quatre mois après sa renomination en tant que Premier ministre, Sébastien Lecornu a réussi ce lundi 2 février son pari : le budget 2026 est adopté après le nouveau rejet de deux motions de censure par l’Assemblée nationale. En plus du budget de la Sécurité sociale, la France est donc désormais dotée d’une loi de finances jusqu’au 31 décembre prochain.

Un ouf de soulagement pour le chef du gouvernement… mais pas la fin de sa mission. « On ne va pas rien faire », promettait fin janvier l’ancien ministre des Armées. « Il n’y aura pas d’immobilisme. » Lors des 14 mois restants avant l’élection présidentielle, Sébastien Lecornu compte se concentrer sur « les sujets qui ne peuvent pas attendre » 2027. En premier lieu ? Le logement. Le Premier ministre s’est donné un objectif ambitieux de construire deux millions de logements d’ici à 2030. Pour y parvenir, un plan de « relance » du secteur est à venir. Le « dispositif Jeanbrun », qui incite les particuliers à se tourner vers l’investissement locatif, a d’ores et déjà été présenté.

Armées, énergie et agriculture

Autre dossier dans les tiroirs de Matignon : la loi de programmation militaire (LPM). La consigne vient directement de l’Élysée. Mi-janvier, le président de la République Emmanuel Macron a demandé que la LPM 2024-2030 soit actualisée « d’ici au 14 juillet » afin qu’un budget supplémentaire de 36 milliards d’euros pour les armées soit accordé.

Parmi les programmations pluriannuelles, celle sur l’énergie doit également voir le jour. La publication de ce texte, qui trace la feuille de route énergétique de la France pour dix ans, est très attendue par les acteurs du secteur. Mais elle est retardée depuis deux ans car elle est politiquement inflammable : le Rassemblement national, pro-nucléaire, s’oppose au développement de l’éolien et du solaire. Ce « rendez-vous énergétique » doit être un temps fort de dialogue avec « la nation » et non une publication isolée, faisait valoir le Premier ministre en décembre. Matignon donnait rendez-vous en début d’année pour la publication du texte.

En réponse aux mobilisations d’agriculteurs mécontents, Sébastien Lecornu compte aussi proposer une « loi d’urgence agricole ». Elle est attendue « pour le Salon de l’agriculture », organisé à la fin du mois. Dans la même période, une réforme de la police municipale est également espérée par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Celle-ci pourrait permettre aux maires élus lors des élections du mois de mars d’élargir les prérogatives de leur police municipale.

En outre, plusieurs textes font actuellement toujours la navette entre l’Assemblée nationale et le Sénat. Parmi eux, la réforme constitutionnelle sur la Nouvelle-Calédonie, ou encore celui sur la fin de vie, largement détricoté par la chambre haute. Ces deux dossiers seront de nouveau sur la table des parlementaires au cours de la deuxième quinzaine du mois de février. Dans le même temps, les préparatifs ont déjà débuté pour… le budget 2027, qui s’annonce encore plus compliqué à adopter juste avant la présidentielle.

Le gouvernement, lui, pourrait être légèrement modifié. À l’approche des élections municipales, mais aussi à quelques mois du lancement de la campagne présidentielle, Sébastien Lecornu attendait l’adoption définitive du budget pour procéder à un « ajustement » gouvernemental, et composer une équipe éloignée du scrutin de l’an prochain, et parfois de celui de mars. Le départ de Rachida Dati, candidate à Paris, est notamment attendu au ministère de la Culture.

I.N

Share.
Exit mobile version