jeudi, août 27
Photo d’illustration du logo de la société américaine Discord affiché sur un smartphone et un écran à Rio de Janeiro, au Brésil, le 12 août 2026 (MAURO PIMENTEL)

Le gouvernement brésilien a annoncé mercredi avoir saisi la justice pour obtenir la condamnation de Discord au paiement d’environ 80 millions d’euros pour « dommage moral collectif », estimant défaillante la protection des mineurs sur la plateforme.

Ce réseau social prisé des adolescents, qui a déploré une action en justice « disproportionnée », est dans le viseur des pouvoirs publics brésiliens depuis la mort d’une adolescente de 13 ans en juillet.

Evoquant un « véritable film d’horreur », la police a indiqué que cette mineure vivant dans le centre-ouest du pays avait été incitée, lors d’une retransmission en direct de 45 minutes, à se mutiler puis à se donner la mort.

Cinq adolescents et un majeur ont été arrêtés début août en lien avec cette affaire.

Le 17 août, la plateforme qui a son siège aux Etats-Unis avait dû se plier à une exigence de l’Agence nationale de protection des données (ANPD), un organe public brésilien, de suspendre ses directs jusqu’à nouvel ordre dans le pays.

Dans un communiqué, le gouvernement a expliqué avoir saisi la justice après des négociations infructueuses avec Discord, dont les propositions « n’ont pas été jugées suffisantes pour éliminer les risques identifiés ».

Il demande que la compagnie « adopte des mesures efficaces pour protéger les enfants, les adolescents et les femmes dans l’environnement numérique ».

Il réclame aussi qu’elle soit condamnée à verser « une indemnisation pour dommage moral collectif d’un montant de 500 millions de reais » (environ 80 millions d’euros).

Le bureau de l’Avocat-général de l’Union, organe public chargé de défendre les intérêts juridiques de l’Etat brésilien, a intenté cette action mardi devant un tribunal fédéral de Brasilia.

– « Signal fort » –

Dans un communiqué envoyé à l’AFP, la plateforme a regretté l’action en justice et dit avoir maintenu « de manière constante et de bonne foi » un dialogue avec les autorités.

« Nous croyons qu’il existe une meilleure voie et restons déterminés à travailler avec les autorités compétentes pour parvenir à une solution qui renforce la sécurité sur la plateforme tout en permettant aux Brésiliens de continuer à utiliser Discord », ajoute l’entreprise.

Elle revendique 90 millions d’utilisateurs actifs quotidiens dans le monde.

Pour le gouvernement brésilien, qui cite le cas de l’adolescente morte en juillet, le réseau « continue de présenter des défaillances dans les mécanismes de vérification de l’âge et de protection des utilisateurs contre des risques graves ».

Pays ultra-connecté, le Brésil a adopté une posture de fermeté en matière de réseaux sociaux ces dernières années.

Il a sévi contre la désinformation et adopté récemment une loi qui oblige les plateformes à relier les comptes des moins de 16 ans à ceux de leurs parents, et à vérifier l’âge des utilisateurs.

Les autorités brésiliennes ont infligé mardi une lourde amende à TikTok pour non-respect de la législation sur la protection de données de mineurs, affirmant vouloir envoyer « un signal fort » aux plateformes numériques.

Il faut « s’attendre à une surveillance beaucoup plus ferme et étroite dans les prochains mois », a averti la directrice de l’ANPD, Lorena Giuberti Coutinho.

ll-tmo/lpa

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