- Le botaniste français Francis Hallé, ardent défenseur des forêts tropicales primaires, est mort à 87 ans, a annoncé son association.
- En 2022, il avait présenté à TF1 son rêve fou de recréer un paradis vierge de toute activité humaine en France.
Suivez la couverture complète
Le 20H
Un ardent défenseur de la biodiversité s’est éteint. Le botaniste français Francis Hallé est mort à 87 ans, a annoncé vendredi 2 janvier l’association Francis Hallé pour la forêt primaire. « C’est avec une profonde tristesse que nous annonçons le décès de Francis Hallé, le 31 décembre à 23h00. Il s’est éteint chez lui, à Montpellier, entouré de sa famille »
, a écrit l’association fondée en 2019, dans un communiqué. « Il a largement contribué à mieux faire connaître les arbres et surtout les forêts primaires qu’il a étudiées toute sa vie durant »
, a-t-elle également expliqué, louant « un grand explorateur du vivant »
.
Dans le reportage du 20H de TF1 du 13 novembre 2022 présent en tête de cet article, Francis Hallé avait présenté son idée un peu folle de faire renaître une forêt primaire, qui n’aurait jamais été modifiée, en France. En effet, il n’y a plus aucune forêt dans son état d’origine en Europe occidentale car elles ont toutes été coupées, plantées et replantées (ce sont des forêts secondaires).
Ça ne me plaît pas d’imaginer que tout ce qui nous entoure est contrôlé par l’être humain
Ça ne me plaît pas d’imaginer que tout ce qui nous entoure est contrôlé par l’être humain
Francis Hallé en 2022 au 20H de TF1
« Ça ne me plaît pas d’imaginer que tout ce qui nous entoure est contrôlé par l’être humain. Je ne suis pas contre l’être humain, mais je trouve qu’on est allé trop loin et qu’on a manqué de respect par rapport à ce qui nous entoure »
, expliquait alors le spécialiste.
Au moins 70.000 hectares d’un seul tenant
Francis Hallé a passé sa vie dans les arbres des forêts tropicales, elles-mêmes menacées de destruction. Il a notamment inventé le radeau des cimes pour mener des recherches à 60 mètres de hauteur sur la canopée en Amazonie, en Afrique, en Indonésie ou au Laos. « Une forêt primaire tropicale, c’est le maximum de vie, surtout dans la canopée. C’est incroyable. C’est dans ces milieux primaires tropicaux que l’idée m’est venue, qu’il faut ça ici ! »
, souriait-il.
Pour réussir ce pari utopique, il faudrait créer un espace protégé d’au moins 70.000 hectares d’un seul tenant, l’équivalent d’un cercle de 30 km de diamètre. Deux zones avaient alors été identifiées par Francis Hallé : dans les Vosges, près de l’Allemagne, ou dans les Ardennes, près de la Belgique.
Un autre aspect peut donner le vertige : atteindre l’état de forêt primaire demandera environ huit siècles.




