L’Autriche a refusé depuis le début de la guerre en Iran toutes les demandes américaines de survol militaire de son territoire, conformément à sa politique de neutralité, a déclaré jeudi un porte-parole du ministère de la Défense.
« Il y a effectivement eu des demandes et elles ont été refusées dès le départ », a précisé le colonel Michael Bauer, ajoutant que toute demande « concernant un pays en guerre » est systématiquement rejetée.
Neutre depuis 1955, l’Autriche est entourée au nord, au sud et à l’est par des membres de l’OTAN et à l’ouest par la Suisse, également neutre.
À la mi-mars, la Suisse avait elle aussi refusé l’utilisation de son espace aérien, invoquant sa neutralité.
Le président américain Donald Trump a critiqué ces pays européens, estimant que leur refus empêchait les avions militaires américains d’utiliser leur espace aérien pour des opérations liées à la guerre.
Des secouristes cherchent des survivants dans les décombres après une grève dans le sud de Téhéran, 13 mars 2026. – AP Photo
L’Élysée s’est déclaré surpris par les critiques de Donald Trump, estimant « très peu utile » que la France n’ait pas autorisé le survol de son territoire par des avions transportant des fournitures militaires destinées au conflit.
Mardi, il est apparu que l’Italie avait également refusé l’atterrissage d’un avion américain en route vers le Moyen-Orient pour une mission de combat.
L’Espagne, de son côté, a élargi l’interdiction déjà en place pour ses bases américaines : tous les vols militaires américains participant à la guerre se voient désormais interdire l’accès à l’espace aérien espagnol. Le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a confirmé lundi cette mesure à la radio catalane Rac 1.
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« L’Espagne ne doit rien faire qui puisse aggraver le conflit », a déclaré Albares, ajoutant que cette décision reflétait le « sentiment majoritaire » des Espagnols, opposés à la guerre, et qu’elle était conforme aux principes des Nations unies.
La réticence des alliés à participer à une force navale pour rouvrir le détroit stratégique d’Ormuz a conduit Trump à qualifier l’OTAN de « tigre de papier » mercredi, tout en précisant que le retrait des États-Unis de l’alliance restait « inenvisageable ».
« Je n’ai jamais été influencé par l’OTAN. J’ai toujours su qu’il s’agissait d’un tigre de papier, et Poutine le sait aussi « , a ajouté Trump.
Le président américain Donald Trump parle de la guerre contre l’Iran sur un écran de télévision dans la salle de presse James Brady de la Maison Blanche, le 1er avril 2026. – AP Photo
Ces commentaires ont été relayés par le sénateur américain Marco Rubio, qui a estimé que les États-Unis devraient « réexaminer « leur relation avec l’OTAN.
« Il ne fait aucun doute que, une fois ce conflit terminé, nous devrons réévaluer cette alliance et sa valeur pour notre pays », a déclaré Rubio à Sean Hannity sur Fox News.
Jeudi, le président français Emmanuel Macron a critiqué les propos de son homologue américain, estimant qu’ils fragilisaient l’OTAN en semant « un doute quotidien sur son engagement ».
« Si on crée chaque jour le doute sur son engagement, on en vide la substance », a déclaré Macron lors d’une visite d’État à Séoul, ajoutant qu »‘il faut être sérieux, et quand on veut être sérieux on ne dit pas chaque jour le contraire de ce qu’on a dit la veille ».




