jeudi, janvier 22
Réunion publique de la Ciivise au Palais de la femme, à Paris, le 21 septembre 2022.

L’association Face à l’inceste a annoncé, jeudi 22 janvier, « mettre fin à sa participation aux travaux » de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), déplorant « une mise à l’écart persistante et un musèlement systématique de sa parole ».

« Certains à la Ciivise ont confisqué le pouvoir et se refusent à penser à des questions centrales, comme l’ordonnance de protection immédiate de l’enfant, l’inclusion des cousins comme auteurs incestueux, l’élaboration d’une infraction spécifique d’inceste, l’imprescriptibilité », affirme Solène Podevin-Favre, présidente de Face à l’inceste, citée dans un communiqué.

La Ciivise « n’est plus en mesure de soutenir des réformes législatives pourtant massivement demandées par les victimes d’inceste et la société française », affirme Mme Podevin-Favre, qui siégeait au collège directeur de la Ciivise depuis avril 2024.

L’association, qui rassemble des victimes d’inceste, était associée, depuis leur lancement, en 2021, aux travaux de cette commission créée par le gouvernement dans le sillage des révélations de Camille Kouchner, dans La Familia Grande. Deux représentants de Face à l’inceste siégeaient à la Ciivise : Solène Podevin-Favre et Michèle Créoff.

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Problèmes de gouvernance

« Certaines propositions du programme de travail de la Ciivise pour l’année 2026 vont, de notre point de vue, à l’encontre des intérêts des victimes, de nos valeurs associatives et de la mission que nous a confiée le gouvernement », accuse l’association. « L’existence du débat d’idées, argumenté et respectueux, s’est progressivement transformée en une fabrique volontaire du dissensus, rendant impossibles des avancées », poursuit-elle.

La Ciivise a remis en novembre 2023 un rapport de 82 préconisations pour protéger les enfants contre les violences sexuelles, et accompagner les adultes qui en ont été victimes, mais très peu de recommandations ont été mises en œuvre jusqu’ici. Elle avait été reconduite au début de 2024 par le gouvernement, qui avait écarté l’emblématique juge Edouard Durand, qui la présidait.

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Elle a connu depuis de nombreux problèmes de gouvernance, notamment au début de 2024 la démission de sa vice-présidente, Caroline Rey-Salmon, visée par une plainte pour agression sexuelle dans le cadre d’une expertise médicale, aujourd’hui classée, puis de son président, Sébastien Boueilh.

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Le Monde avec AFP

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