samedi, mars 14

« L’adjudant-chef Arnaud Frion du 7e bataillon de chasseurs alpins de Varces est mort pour la France lors d’une attaque dans la région d’Erbil en Irak », a annoncé le président Emmanuel Macron sur X, qui a dénoncé une attaque « inacceptable ».

Selon le ministère des Armées, sept soldats ont été blessés dans une « attaque de drone » et l’adjudant-chef Frion, « malgré une prise en charge rapide par les équipes médicales présentes, a succombé à ses blessures ». Il était déployé en Irak depuis fin janvier. Les six blessés sont « toujours à l’hôpital. Leur rapatriement en France se met en place », a-t-il ajouté.

Une enquête de l’armée française en cours

Arnaud Frion a été « frappé par un drone Shahed », selon le chef de corps du 7e BCA, le colonel François-Xavier de la Chesnay, qui a salué un « excellent soldat, ultra-compétent ». C’est donc bien un drone iranien qui a frappé et tué le premier soldat français depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, sur la base kurde de Manakara, non loin d’Erbil.

Cette base, précise le colonel Guillaume Vernet, porte-parole de l’état-major des armées, bénéficie pourtant d’abris robustes et de systèmes d’alerte : « Il s’agit d’une base militaire, donc elle est protégée, donc de façon périmétrique. Il y a des abris. Il y a un système d’alerte. Ces régimes d’alertes sont associés à des systèmes de défense. Nous sommes particulièrement attachés à la défense de notre personnel, notamment la défense anti-aérienne. La France participe aussi à la défense anti-aérienne de l’Irak. Ceci dit, il n’y a aucun système qui soit totalement étanche. S’agit-il d’un ciblage délibéré ? C’est une question à laquelle, aujourd’hui, il semble un peu prématuré de répondre. »

Autres questions en suspens : les soldats français ont-ils été surpris par le drone iranien ? La protection a-t-elle fait défaut ? Le maillage défensif était-il suffisant ? L’enquête ouverte par les armées ne fait que commencer.

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Vers une riposte de la France ?

Emmanuel Macron a réaffirmé vendredi que « la position de la France est purement défensive » face à la guerre au Moyen-Orient. « La France continuera à faire preuve de sang-froid, de calme, de détermination, d’être fiable vis-à-vis de nos partenaires, de protéger nos ressortissants et à défendre nos intérêts et notre sécurité », a-t-il dit lors d’une conférence de presse durant la visite à Paris du président ukrainien Volodymyr Zelensky. Le président français a indiqué qu’il s’entretiendrait « dès le début d’après-midi » avec le Premier ministre irakien.

Mais si la France ne participe pas directement à la guerre au Moyen-Orient, elle a déployé son porte-avions, le Charles de Gaulle, au large du Liban. Et pour Guillaume Ancel, ancien officier français et auteur du blog « Ne pas subir », l’origine de cette attaque de drone ne fait pas de doute : « C’est forcément en lien avec le déploiement de forces françaises et européennes en Méditerranée. » Sans revendiquer explicitement l’attaque, une milice pro-iranienne a annoncé ce vendredi qu’elle prendrait pour cible les intérêts français en Irak et dans la région.

Mais pour Guillaume Ancel, il n’est pas question d’une riposte publique et immédiate de la France à cette attaque : « Riposter aujourd’hui contre l’Iran, ça nous rendrait immédiatement membres de cette coalition américano-israélienne. Ça ne veut pas dire qu’il ne se passera pas d’autres choses : soit une riposte couverte, c’est-à-dire une action des forces spéciales françaises, mais s’il y a une riposte, elle sera secrète ; soit demander un échange de services à l’armée américaine. »

Car au contraire, revendiquer publiquement une frappe en réaction à la mort du militaire français risquerait d’entrainer la France dans une escalade vis-à-vis de l’Iran et de ses alliés.

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