mercredi, février 4
L’animateur Vincent Cerutti, au tribunal judiciaire de Paris, le 4 février 2026.

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné l’animateur Vincent Cerruti à huit mois de prison avec sursis, mercredi 4 février, le déclarant coupable d’agression sexuelle, pour avoir mordu, à deux reprises, les fesses de Caroline Barel, à l’époque standardiste, au moment où il présentait la matinale de la radio Chérie FM.

Cette peine, sur des faits remontant à la période 2015-2016, est supérieure aux réquisitions de la procureure. Lors de l’audience, en décembre, le ministère public demandait six mois de prison avec sursis.

Aujourd’hui en retrait du monde médiatique, Vincent Cerutti, ancien présentateur de « Danse avec les stars » sur TF1, va faire appel de la condamnation, a annoncé son avocat, MAntoine Vey. « Le tribunal, comme parfois dans ce type de dossier, a rendu sa décision sur le seul fondement des accusations de la plaignante », a estimé MVey, arguant que son client, âgé de 44 ans, n’avait « jamais agressé sexuellement quiconque ». « Nous l’établirons en appel », a-t-il assuré.

« Ma parole a été crue et je pense que c’est ça le plus important »

« C’est une victoire, forcément. Le plus important, c’était vraiment le mot “coupable” », a déclaré à l’Agence France-Presse Caroline Barel, après la lecture du jugement. « Ma parole a été crue et je pense que c’est ça le plus important pour toutes les femmes qui se battent et qui portent plainte », a poursuivi celle qui est aujourd’hui vice-présidente de l’association MeTooMedia. En revanche, le tribunal n’a pas suivi les réquisitions du parquet qui demandait de condamner M. Cerutti à une amende de 10 000 euros.

A la barre en décembre, elle avait évoqué une ambiance de travail « très misogyne ». Très émue, elle avait raconté l’agression sexuelle subie en novembre 2015 à la radio : l’animateur la « met au sol », « les mains derrière le dos », et la mord à la « fesse gauche ». « La seule chose que j’ai, c’est mon cri », avait-elle relaté, avant l’intervention d’un collègue. Face à la photo d’un hématome présentée au dossier, le président du tribunal avait évoqué une marque « assez impressionnante ». « On est avant MeToo, je ne sais pas ce que c’est une agression sexuelle », avait-elle poursuivi.

Devant le tribunal, Vincent Cerutti, qui reconnaît cette morsure, a contesté toute violence ou « connotation sexuelle », évoquant un « jeu d’équipe » baptisé « Tout cul tendu mérite son dû ». En février 2016, selon Caroline Barel, Vincent Cerutti lui mord une seconde fois la fesse, furtivement, lors d’une photo de groupe après la matinale, ce que ce dernier conteste. Si M. Cerutti a déclaré avoir « honte d’avoir joué à ce jeu ridicule », il a jugé « impossible » d’être l’auteur d’agression sexuelle, lui qui se revendique « féministe ».

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Le Monde avec AFP

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