dimanche, février 8

  • Les Européens et les Américains abandonnent-ils les Kurdes ?
  • Ces alliés, si précieux il y a dix ans face à l’État islamique, sont en train de reculer devant l’armée du nouveau pouvoir de Damas.
  • Sur place, une équipe de TF1 a rencontré des civils et des combattants qui se sentent trahis.

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Offensive turque contre les forces kurdes en Syrie

Les forces syriennes avancent, victorieuses, et font reculer les combattants kurdes dans leur territoire. Ou plutôt ce qu’il en reste. Car jour après jour, la région autonome kurde se fait grignoter en direction du nord-est, et rétrécit comme une peau de chagrin aux confins de la Syrie. Une équipe de TF1 s’est rendue dans le dernier bastion des combattants kurdes, à Hassaké.

TF1

Dylo, un combattant kurde, avoue qu’il a le cœur brisé. Il y a dix ans, il combattait les djihadistes de l’État islamique aux côtés des Américains et des alliés occidentaux, dont la France. À l’époque, plus de 4.000 Kurdes ont été tués. Ils étaient les acteurs clés de cette guerre. « C’est grâce à nous, les Kurdes, qu’on a vaincu Daech. Nous, on était sur le terrain, on a payé de nos vies », rappelle-t-il. « Ils sont partis, ils nous ont laissés », soupire-t-il. 

« On est revenus au point zéro »

Les Kurdes pensaient l’appui des États-Unis indéfectible, mais aujourd’hui, les troupes américaines quittent le Kurdistan. Ils soutiennent désormais l’ennemi des Kurdes, le président syrien Ahmed Al-Charaa, qui veut imposer son autorité sur tout le pays. 

Dans le Kurdistan que nous traversons dans le reportage en tête de cet article, le rêve de l’autonomie kurde s’éloigne, comme le confie Ahmed dans sa boutique, avec inquiétude. « Nous, les Kurdes, on aime la paix. On n’aime pas le sang et la guerre. On veut juste défendre nos terres, c’est tout. On a sacrifié nos combattants pour ça. Mais maintenant, on est revenus au point zéro. J’ai vraiment très peur », témoigne-t-il. 

Pour le camp occidental, les Kurdes incarnaient alors la lutte pour la liberté, l’égalité, et la justice. Aujourd’hui, ils ne se sentent plus en sécurité dans leur propre région, comme l’avouent des familles rencontrées en bord de route. « L’Amérique nous a trahis », tranche une dame. « La France, elle nous aide un peu, mais les autres pays européens, non. Le peuple kurde se bat pour la liberté. Pourquoi doit-il souffrir comme ça ? », s’interroge une jeune femme. 

La France continue à soutenir les Kurdes de Syrie avec des pressions diplomatiques exercées sur Damas. Elle a beaucoup œuvré pour trouver un accord de cessez-le-feu. Une trêve qui tient toujours, mais jusqu’à quand ?

La rédaction de TF1info | Reportage : Liseron BOUDOUL, Philippe DE POULPIQUET

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