- En décembre 2025, des rappels massifs de laits infantiles ont été effectués par les autorités.
- Une enquête parlementaire a été ouverte pour faire la lumière sur l’origine de ces dysfonctionnements sanitaires.
- Ses conclusions, rendues publiques mardi 19 mai, pointent « les limites du cadre réglementaire existant » et révèlent des « lacunes » de l’État français et des industriels.
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Lactalis, Danone, Nestlé… Les rappels de lait infantile se multiplient
De premiers éléments de réponse. Les parlementaires ont rendu public le rapport de la mission flash faisant suite au rappel massif de laits infantiles en décembre 2025, ce mardi 19 mai. « L’objectif était clair : comprendre les causes de cette crise, établir les responsabilités et formuler des propositions pour qu’un tel scandale sanitaire ne puisse pas se reproduire »
, fait valoir le groupe Ensemble pour la République (EPR), dans un communiqué. Or, « cette crise a révélé les limites du cadre administratif et réglementaire existant »
, estime-t-il, rappelant que « la toxine céréulide dans les laits infantiles était jusqu’ici un risque inconnu, sans seuil réglementaire ni méthode de détection adaptée »
.
Des contrôles insuffisants ?
Pour les auteurs du rapport, « la crise des laits infantiles révèle certaines lacunes qui doivent impérativement être prises en compte à l’avenir »
. Dans le détail, les élus s’interrogent sur la « réalité des contrôles mis en place »
par le fournisseur chinois, et déplorent les « moyens limités des autorités de contrôle »
qui conduisent « à se reposer, de manière croissante, sur les auto-contrôles mis en place par les industriels
« . En parallèle, ils se demandent « s’il n’aurait pas fallu d’emblée rappeler l’ensemble des lots contenant l’huile ARA en provenance du fournisseur chinois »
, dès l’annonce de la contamination, plutôt que d’attendre les résultats des analyses, et pointent la communication « relativement tardive »
des autorités, qui ont mis « dix-sept jours »
pour envoyer un message à l’ensemble des professionnels de santé.
Notre niveau d’exigence doit être maximal
Notre niveau d’exigence doit être maximal
Michel Lauzzana, député Renaissance
Pour éviter que de tels errements se reproduisent, les rapporteurs préconisent notamment de mieux encadrer les « matières ajoutées »
comme l’huile ARA, de renforcer les contrôles indépendants, en les faisant financer par les industriels, et d’améliorer les procédures d’alerte quand un aliment destiné aux enfants est en cause. Ensemble pour la République souhaite aussi « soutenir le développement d’une filière européenne pour les ingrédients stratégiques des laits infantiles »
. « Un lait infantile n’est pas n’importe quel produit alimentaire. C’est l’aliment unique de nos nourrissons pendant les premiers mois de leur vie »
, rappelle le député Renaissance Michel Lauzzana. « Notre niveau d’exigence doit donc être maximal, proche de celui que nous appliquons aux médicaments »
, plaide-t-il.
Un temps de réaction trop important ?
Pour rappel, l’affaire a débuté en décembre 2025, lorsque Nestlé a rappelé des dizaines de lots de lait infantile dans une soixantaine de pays en raison de la présence potentielle de céréulide, toxine pouvant provoquer des vomissements dangereux chez un nouveau-né. D’autres industriels, comme Danone ou Lactalis, mais aussi de plus petits acteurs, ont ensuite entamé des procédures similaires. À chaque fois, un ingrédient – une huile riche en acide arachidonique (ARA) fournie par un sous-traitant chinois – a été mis en cause.
Des familles et associations ont accusé les fabricants d’avoir trop tardé à engager les rappels, et l’État de s’être montré trop passif. « Si on regarde la chronologie, on voit bien qu’il y a eu un problème »
, martèle la députée Mathilde Hignet (LFI-NFP), co-rapporteure de la mission. En effet, selon elle, Nestlé a appris que la contamination provenait de l’huile ARA le 24 décembre et n’a informé les industriels que six jours plus tard (le 30 décembre) puis les autorités françaises le 5 janvier.
Les conséquences sanitaires de ces intoxications restent, à ce jour, incertaines.




