- Deux nourrissons sont morts en France après avoir consommé un lait infantile rappelé par Nestlé.
- Des drames qui seraient liés à la présence d’une bactérie dans une huile riche en acide arachidonique.
- Celle-ci est produite par la firme chinoise Cabio Bio Tech, basée à Wuhan.
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Lait infantile contaminé : Lactalis et la grande distribution face au scandale
Alors que deux enquêtes pénales viennent d’être ouvertes à Bordeaux et Angers, après les morts récentes de deux nourrissons ayant consommé un lait infantile rappelé par Nestlé, tous les regards se tournent vers l’entreprise chinoise Cabio Bio Tech. Basée à Wuhan, elle fabrique l’huile riche en acide arachidonique (ARA) à l’origine de la présence potentielle de la bactérie Bacillus cereus (céréulide) dans le lait contaminé.
Fondée en 2004, Cabio Bio Tech est au départ le fruit d’un partenariat entre la société locale Alking Bioengineering et le géant américain Cargill – d’où le « C » dans son nom – avant que ce dernier se retire en 2012. Cotée en bourse, la firme est aujourd’hui le principal producteur chinois de ce type d’huiles. Elle fournit de nombreux producteurs de lait infantile locaux mais aussi internationaux comme Nestlé et Danone.
Pas de communication pour l’heure
Cabio Bio Tech n’a pas communiqué, à ce stade, sur la présence de céréulide dans les lots incriminés. Ce composant toxique est produit dans certaines conditions par une famille de bactéries, les Bacillus cereus. Ces dernières sont largement présentes dans l’environnement – terre, eau, végétaux… – et donc dans de multiples aliments : elles sont loin de causer systématiquement une infection.
Toutefois certaines bactéries de cette famille ont une propriété particulière. Quand elles sont réchauffées à une température insuffisante pour les éliminer, puis refroidies, elles forment des « spores » et produisent de la céréulide. Cette substance est dite « émétique » : autrement dit, elle provoque des vomissements dans les heures qui suivent son absorption.
Ces vomissements peuvent causer de graves complications chez des patients vulnérables comme des personnes âgées, des femmes enceintes et, dans le cas présent, des nourrissons. Jusqu’ici, les infections par Bacillus cereus sont rares: environ cinq cas par million d’habitants par an en France, selon le ministère français de l’Agriculture, qui les qualifie de « très généralement bénignes ».




