mercredi, mars 11

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a indiqué mercredi que ses pays membres s’étaient mis d’accord pour mettre sur le marché 400 millions de barils de pétrole en réponse à la guerre avec l’Iran, la plus importante mise à disposition d’urgence jamais décidée, plus de deux fois supérieure à celle qui avait suivi l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

« Les difficultés auxquelles nous sommes confrontés sur le marché pétrolier sont d’une ampleur sans précédent ; je me félicite donc que les pays membres de l’AIE aient répondu par une action collective d’urgence elle aussi sans précédent », a déclaré le directeur exécutif de l’AIE, Fatih Birol.

« Les marchés pétroliers sont mondiaux, la réponse aux perturbations majeures doit donc l’être également. La sécurité énergétique est le mandat fondateur de l’AIE et je me réjouis que ses membres fassent preuve d’une forte solidarité en prenant ensemble des mesures décisives. »

Cette décision vise à faire baisser les prix du pétrole alors que la crise iranienne et les perturbations des expéditions via le détroit d’Ormuz continuent de provoquer de lourdes perturbations sur les marchés de l’énergie.

Le calendrier de ces mises sur le marché variera selon la situation propre à chaque pays membre ; des précisions seront communiquées ultérieurement.

Le volume prévu correspond à environ vingt jours de flux de pétrole transitant par le détroit d’Ormuz, où quelque 20 millions de barils passent en moyenne chaque jour.

Avant cette annonce, l’Allemagne et l’Autriche avaient déjà indiqué qu’elles mettraient une partie de leurs réserves pétrolières sur le marché, à la suite d’une demande de l’AIE.

Le Japon a de son côté annoncé qu’il commencerait à puiser dans ses réserves à partir de lundi prochain.

L’Allemagne et le Japon sont membres du Groupe des Sept, ou G7, un forum économique intergouvernemental qui rassemble également les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Italie, le Canada et la France, et qui a tenu ces deux derniers jours des discussions d’urgence sur la flambée des prix du pétrole.

Le G7 n’a toutefois pas décidé dans l’immédiat de puiser lui-même dans ses réserves.

Il a plutôt chargé l’AIE d’évaluer la situation et d’élaborer des options pour un déstockage coordonné des réserves stratégiques.

L’AIE a ensuite convoqué une réunion extraordinaire de ses 32 gouvernements membres afin de décider d’une éventuelle intervention.

C’est cette réunion, qui devait s’achever mercredi, qui a débouché sur la proposition de libérer 400 millions de barils.

Le rôle du G7 a été politique, en fixant l’orientation et en demandant un plan. Celui de l’AIE est technique : approuver formellement et coordonner une opération qui se traduise effectivement par l’arrivée de pétrole sur le marché.

Cette annonce intervient alors que le Brent, référence internationale, reste environ 20 % plus cher qu’au début de la guerre, malgré un net repli par rapport aux sommets atteints lundi.

Les consommateurs du monde entier en ressentent déjà les effets à la pompe.

La précédente plus grande libération collective de stocks d’urgence par les pays membres de l’AIE s’élevait à 182,7 millions de barils, à la suite du choc énergétique provoqué par l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en 2022.

Les membres de l’AIE disposent actuellement de plus de 1,2 milliard de barils de stocks pétroliers publics d’urgence, auxquels s’ajoutent 600 millions de barils détenus par l’industrie au titre d’obligations imposées par les gouvernements.

Mardi, les ministres de l’Énergie du G7 ont annoncé qu’ils soutenaient en principe « la mise en œuvre de mesures proactives pour faire face à la situation, y compris le recours aux réserves stratégiques », préparant le terrain à la réponse coordonnée de mercredi venue de Berlin et de Vienne.

En riposte aux frappes américaines et israéliennes, l’Iran a attaqué des navires commerciaux dans tout le golfe Persique, intensifiant une campagne visant à asphyxier cette région riche en pétrole alors que les inquiétudes énergétiques mondiales s’accentuent.

L’Iran a de fait interrompu le trafic de fret dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un cinquième du pétrole acheminé depuis le golfe Persique vers l’océan Indien.

L’armée américaine a indiqué mardi avoir détruit 16 poseurs de mines iraniens près du détroit, même si le président Donald Trump a affirmé sur les réseaux sociaux qu’il n’existait aucun rapport confirmant que l’Iran avait miné le passage.

Si le détroit était effectivement miné, il faudrait au moins plusieurs semaines pour le sécuriser une fois le conflit terminé, estiment les experts.

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Malgré ces perturbations, une partie du trafic se poursuit.

La société de sécurité Neptune P2P Group a indiqué mercredi que sept navires avaient franchi le détroit depuis le 8 mars, dont cinq liés à l’armement maritime associé à l’Iran.

En temps normal, plus de 100 navires y transitent chaque jour.

Certains pétroliers effectuent des traversées dites « fantômes », en coupant leurs balises du système d’identification automatique (AIS), une pratique généralement associée aux navires transportant du brut iranien sous sanctions.

La société de suivi des cargaisons Kpler a indiqué que l’Iran avait entre-temps repris ses exportations de brut via son terminal pétrolier de Jask, sur le golfe d’Oman, un pétrolier y ayant chargé quelque 2 millions de barils le 7 mars, ce qui laisse penser que Téhéran conserve une certaine capacité à acheminer du pétrole en contournant le détroit.

Téhéran a également visé des champs pétroliers et des raffineries dans les pays du Golfe, dans le but de provoquer suffisamment de dégâts économiques à l’échelle mondiale pour pousser les États-Unis et Israël à cesser leurs frappes.

Selon l’AIE, les volumes exportés de brut et de produits raffinés représentent actuellement moins de 10 % de leur niveau d’avant-guerre.

Ce texte a été traduit avec l’aide de l’intelligence artificielle. Signaler un problème : [feedback-articles-fr@euronews.com].

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