L’Afrique du Sud, initialement invitée au G7 de juin prochain dans la ville française d’Evian, a été écartée de ce sommet. Pretoria a d’abord évoqué des pressions américaines sur Paris, que Washington a démenti, avant de faire machine arrière.
Un responsable du département d’État américain, Nick Checker, a assuré jeudi 26 mars que les États-Unis n’ont « pas demandé aux Français d’exclure l’Afrique du Sud du sommet du G7 ». « En tant que présidente du G7, c’est à la France qu’il revient de décider qui elle veut inviter aux réunions du G7 », a renchéri un porte-parole de la diplomatie américaine.
Le porte-parole de la présidence sud-africaine avait assuré dans un premier temps à l’AFP l’inverse, disant que le chef de l’État, Cyril Ramaphosa, n’était plus invité au sommet du G7 en raison de menaces de boycott de Washington invoquées par Paris.
« Nous avons appris qu’en raison de pressions continues, la France a dû retirer son invitation à l’Afrique du Sud pour sa participation au G7″, a déclaré l’AFP le porte-parole Vincent Magwenya. Mais quelques heures plus tard, Cyril Ramaphosa, interrogé en marge d’un déplacement, a dit qu' »à sa connaissance », il n’y avait eu de « pressions d’aucun pays, que ce soit des États-Unis ou d’un autre ».
L’Afrique du Sud dans le viseur de Donald Trump
Le gouvernement sud-africain est pris pour cible par Donald Trump qui, depuis son retour à la Maison Blanche, l’accuse d’une prétendue persécution des fermiers blancs et lui reproche sa plainte pour des actes de génocide visant Israël dans sa guerre dans la bande de Gaza, déposée devant la Cour internationale de Justice.
Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a assuré dans la foulée jeudi que son pays n’avait « cédé à aucune pression » mais avait fait le choix d’un « G7 resserré » et d’inviter le Kenya pour préparer le grand sommet de la France sur le continent africain en mai à Nairobi, Africa Forward.
Le président américain avait boycotté le sommet du G20 organisé à Johannesburg en novembre et a depuis exclu l’Afrique du Sud des travaux de ce groupe dont les États-Unis assurent cette année la présidence tournante.
C’est son homologue français Emmanuel Macron qui, au sommet de ce même G20 en Afrique du Sud, avait personnellement invité Cyril Ramaphosa à participer au G7, rappelle Pretoria. L’information avait filtré dans plusieurs médias.
Le G7 regroupe sept pays parmi les plus industrialisés de la planète. Ses travaux sont régulièrement élargis à des États invités, à l’instar cette année du Brésil, de l’Inde ou de la Corée du Sud. L’Afrique du Sud avait ainsi été conviée au G7 organisé par le Canada en 2025.
Prétendue persécution des Afrikaners
« Les relations diplomatiques entre les États-Unis et l’Afrique du Sud existaient avant l’administration Trump et survivront au mandat actuel de la Maison Blanche », a encore dit le porte-parole de la présidence sud-africaine Vincent Magwenya.
Dans le viseur américain depuis des mois : une prétendue persécution des Afrikaners, ces descendants des colons européens, ou encore les programmes de discrimination positive visant à corriger les inégalités héritées de la colonisation puis de l’apartheid.
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Épisode le plus marquant de l’animosité américaine contre l’actuel gouvernement sud-africain, la visite à la Maison Blanche en mai 2025 de Cyril Ramaphosa. Celle-ci avait donné lieu à une scène ayant stupéfait ce dernier : Donald Trump avait présenté des photos et des vidéos, pour la plupart trompeuses ou complètement fausses, qui étaient supposées appuyer ses accusations.
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Washington avait aussi infligé à l’Afrique du Sud, la première économie du continent, des droits de douane de 30 % sur la plupart de ses exportations, les plus élevés d’Afrique subsaharienne, avant que la Cour suprême ne les retoque.
En dépit de ces relations délétères, Pretoria a récemment accepté les lettres de créances du nouvel ambassadeur des États-Unis, le très conservateur Brent Bozell, 70 ans.
Les États-Unis avaient expulsé en mars 2025 l’ambassadeur sud-africain à Washington, Ebrahim Rasool, qui n’a toujours pas été remplacé. Sur ce point, le porte-parole de la présidence sud-africaine a fait savoir jeudi que Cyril Ramaphosa était « sur le point de nommer l’ambassadeur d’Afrique du Sud aux États-Unis, qui fera partie de l’équipe actuellement en contact avec ses homologues américains ».
Avec AFP




