Parfois, on aimerait inventer des mots pour dire le spleen existentiel qui nous étreint lorsqu’on réalise que le monde est peuplé de souffrance et d’injustice. Et qu’on peine à y croire encore.
Mais il ne faut jamais désespérer de voir ses rêves devenir réalité. La preuve : ce mot existe. Weltschmerz – qu’on pourrait traduire par « mal au monde » – c’est un peu la version allemande de « on est foutus ».
L’autre bonne nouvelle, c’est qu’il a peut-être une solution pour sublimer ce Weltschmerz : le chant choral. « Le chant collectif peut aider à surmonter le deuil et le désespoir », titre même le site américain Vox.
« Ces derniers temps, l’actualité me brise le cœur, confesse le journaliste Casper ter Kuile. Je me sens abattu. J’ai l’impression de n’avoir aucune prise sur le monde qui m’entoure, alors j’alterne entre la tristesse et le cynisme et j’essaie de noyer ma peine en dévorant des cookies au chocolat. »
On ne peut pas dire qu’on ne le comprend pas.
“Chanter engendre une sensation ‘d’appartenance physique’”, explique Asher Blank, qui dirige le Gaia Music Collective, au “Guardian”.. PHOTO ALAMY/REUTERS
« Chanter engendre une sensation ‘d’appartenance physique' », explique Asher Blank, qui dirige le Gaia Music Collective, au « Guardian ».PHOTO ALAMY/REUTERS
« Chanter
avec des gens
permet souvent
d’approfondir
le processus
de deuil. »
Ahlay Blakely, spécialiste des rituels de deuil contemporains, au site américain Vox
Le chant choral serait donc la solution ? Absolument.
Selon une étude publiée 2014, il y aurait même une explication scientifique aux bienfaits du chant collectif, étaie Vox.
Le musicologue Gunter Kreutz a réalisé une expérience avec les chanteurs amateurs d’une chorale. Il a mesuré leur niveau d’ocytocine dans deux situations : avant et après une répétition de chant de 30 minutes, puis avant et après une conversation informelle avec d’autres membres de la chorale.
Ces chorales éphémères permettent d’éprouver une forme de transcendance laïque.. PHOTO ANDRE DE LA CALLE BRAGA/PEXEL
Ces chorales éphémères permettent d’éprouver une forme de transcendance laïque.PHOTO ANDRE DE LA CALLE BRAGA/PEXEL
« Il a remarqué que l’ocytocine, parfois appelée ‘l’hormone de l’amour’, augmentait clairement après la session de chant collectif, mais jamais à la suite d’une interaction sociale ordinaire », explique le site américain.
« Autrement dit,
chanter améliore
notre bien-être
et nous relie bien
plus efficacement
aux autres qu’une
simple conversation. »
Le site d’information Vox
« Chanter engendre une sensation ‘d’appartenance physique’, explique Asher Blank au Guardian. Sentir mon corps vibrer au son de ma voix, comme s’il était une sorte de vaisseau porteur de ce son, le tout en communion avec d’autres personnes qui réalisent exactement la même chose, c’est une expérience extraordinairement puissante. »
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