mercredi, janvier 7

C’est difficile à admettre, mais il semblerait que les Français se soient inspirés des Anglais sur un sujet culinaire. Le titre-restaurant est, en effet, né au Royaume-Uni de l’après-guerre afin que les entreprises puissent aider leurs collaborateurs à manger un repas sain, sur fond de restrictions persistantes. La formule, qui permettait également de soutenir les restaurateurs locaux, a ensuite prospéré en France. En 1967, elle était jugée assez vertueuse pour bénéficier d’exonérations fiscales. Près de soixante ans plus tard, cependant, la vocation première du titre-restaurant a été oubliée, tel un reste d’épinards sur le bord de l’assiette.

La Commission nationale des titres-restaurant vient de donner son agrément à l’enseigne néerlandaise de produits pour la maison HEMA, de sorte que 5 millions de salariés vont pouvoir utiliser leur avantage dans des magasins où les seuls produits alimentaires en rayon sont des chips et autres friandises. A ce compte-là, on pourra bientôt payer avec une carte Edenred, Swile ou Pluxee sur les sites marchands dont on accepte les cookies.

Devant un magasin HEMA, à Caen, en novembre 2019.

Cette autorisation a mis en rogne l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie. Dans un courrier envoyé au ministre des petites et moyennes entreprises et du commerce, Serge Papin, le 24 décembre 2025, mais révélé lundi 5 janvier par l’Agence France-Presse, la première organisation patronale de l’hôtellerie-restauration tire la sonnette d’alarme sur « les conséquences économiques et concurrentielles pour les restaurateurs et établissements assimilés », bénéficiaires historiques d’un dispositif dont la recette a changé.

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