
L’AVIS DU « MONDE » – À NE PAS MANQUER
Il y a des rendez-vous qu’on ne manque pas. Celui qu’on a pris avec Namir Abdel Messeeh date de 2012, c’est dire. Cette année-là, cet homme placide, né en Egypte en 1974, arrivé en France à l’âge de 2 ans, passé par la Fémis, réalise son premier long-métrage, La Vierge, les coptes et moi… En vérité, Siham, sa mère, y tient une place supérieure à celle de la Vierge et des coptes réunis – à ceci près que la Vierge et les coptes, chrétiens d’Egypte, c’est encore une façon de rendre un culte à la mère. En un mot, cette autofiction nous ravissait, prouvant au passage que les juifs, et Woody Allen plus particulièrement, n’avaient pas le monopole de la névrose familiale.
Et voici qu’en 2026, après avoir disparu de la circulation comme cinéaste, Namir Abdel Messeeh fait, à 51 ans, sa réapparition pour – devinez quoi – nous parler de sa mère. Plus sérieusement, et plus tragiquement, pour nous annoncer, à la quatrième minute, la mort de cette femme si vivante, et envisager – dans ce journal pudique, sensible, plein d’humour et d’élégance – tout bonnement la question de la continuité de la vie. Après avoir passé le temps de son premier long-métrage à vouloir filmer une apparition de la Vierge, selon le témoignage de sa mère qui jurait l’avoir vue, Namir se confronte ici à une réalité non moins complexe à tourner : la disparition de sa mère.
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