mardi, février 17

  • Un livre dont l’historien et résistant avait été spolié durant la Seconde Guerre mondiale a été restitué à ses ayants droit ce lundi lors d’une cérémonie.
  • « Description abrégée de la cathédrale d’Amiens » de l’historien Georges Durand était jusqu’ici détenu par l’Institut national d’histoire de l’art à Paris.
  • Marc Bloch avait signé de son nom la première page.

C’est la deuxième restitution effectuée en vertu de la loi de 2023 sur la restitution des biens culturels spoliés entre 1933 et 1945. Un livre dont l’historien et résistant Marc Bloch avait été spolié durant la Seconde Guerre mondiale a été restitué à ses ayants droit ce lundi 16 février, à quelques mois de sa panthéonisation en juin prochain. Saisi en 1942 par les nazis lors des persécutions antisémites, l’ouvrage a été remis à son arrière-petit-fils, Matis Bloch. 

Le livre, Description abrégée de la cathédrale d’Amiens de l’archiviste et historien français Georges Durand, était jusqu’ici détenu par l’Institut national d’histoire de l’art à Paris, où a eu lieu la cérémonie de restitution. « C’est une réparation d’une blessure subie il y a 80 ans », a déclaré à l’AFP Matis Bloch, qui a annoncé lors de la cérémonie qu’il remettrait le livre à la bibliothèque Halphen de l’université Panthéon-Sorbonne, « conformément à la volonté des enfants de Marc Bloch ». La ministre de la Culture, Rachida Dati, a relevé que cet ouvrage « porte une charge symbolique très forte ». Marc Bloch avait signé de son nom la première page.

Sept autres livres bientôt restitués

Sur les 5.000 à 7.000 ouvrages détenus par Marc Bloch, seuls 2.000 environ ont été remis à ses enfants à la Libération. La plupart des livres restants ont été dispersés dans plusieurs bibliothèques, en France et en Europe. « Sept autres livres spoliés de Marc Bloch seront prochainement restitués par trois bibliothèques de Berlin, Francfort et Greiz », a annoncé Rachida Dati. Le livre remis ce lundi « est pour nous la preuve que la réparation doit continuer », a indiqué Matis Bloch, soulignant également « la responsabilité de l’État français » dans la spoliation des biens culturels et leur restitution.

« Une vingtaine » de bibliothèques font actuellement « des recherches actives et remplissent une base de données » et « des dizaines de musées sont plus ou moins impliqués », a expliqué à l’AFP David Zivie, qui supervise l’initiative pour le ministère de la Culture. Ces recherches sont « longues et compliquées », a-t-il ajouté.

Né en 1886 dans une famille juive alsacienne, professeur d’histoire du Moyen Âge à l’université de Strasbourg de 1919 à 1936, Marc Bloch a été arrêté pour son activité de résistant par la Gestapo, à Lyon le 8 mars 1944. Emprisonné et torturé à la prison de Montluc, il a été fusillé le 16 juin avec 29 de ses camarades. Selon son arrière-petit-fils, Marc Bloch « avait fait peu d’état de sa judéité, qui le travaillait très peu ». Marc Bloch doit entrer au Panthéon le 23 juin prochain. En novembre 2024, le président Emmanuel Macron avait annoncé sa panthéonisation « pour son œuvre, son enseignement et son courage ».

JC avec AFP

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