mardi, janvier 20

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Faute de financements publics suffisants, le modèle économique de l’enseignement supérieur et de la recherche est à bout de souffle. La situation est si exceptionnellement grave que huit anciens ministres signent une tribune [dans Les Echos le 9 décembre 2025] à la tonalité étonnamment syndicale, s’effrayant d’un « recul de vingt ans ». A défaut d’un budget soutenable, le ministre de l’enseignement supérieur fait l’annonce surprise d’« assises du financement des universités » qui débutent en janvier.

Le terrain a été préparé par plusieurs rapports de l’Assemblée nationale, du Sénat et des inspections générales, tous concluant au besoin d’étudier l’augmentation des frais d’inscription dans les universités. Si l’Etat ne souhaite plus que l’enseignement supérieur public soit financé par l’impôt, alors il faudra qu’il le soit par les familles et les étudiants. Logique… en apparence seulement.

Car un tournant silencieux, mais décisif, est déjà pris. Les derniers projets annuels de performance de la France fixent désormais pour cible une diminution de la proportion de néobacheliers recevant une proposition dans Parcoursup : 95 % en 2024, 93,5 % en 2025, 93 % en 2026. La réduction ciblée en 2025 a été parfaitement atteinte. Ce tournant est accéléré par la volonté politique portée par les ministres de l’éducation nationale successifs de réduire les taux de réussite au brevet des collèges et au baccalauréat. Il sera plus encore décuplé par la chute vertigineuse de la démographie, qui atteindra l’enseignement supérieur dans seulement trois ans.

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Moins de jeunes, moins de réussite, moins de poursuites d’études… Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, la politique éducative nationale ne vise plus à élargir l’accès aux études supérieures, mais à le réduire. La France se tourne désormais officiellement vers un régime de démassification, de réduction du niveau global d’éducation et de formation professionnalisante de la population. Cette orientation n’a pas d’équivalent historique ou international.

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