mercredi, mars 4

  • Les frappes menées par les États-Unis et Israël en Iran ne font pas l’unanimité outre-Atlantique.
  • Y compris du côté de ceux ayant soutenu Donald Trump dans sa quête de la Maison Blanche.
  • Certains dénoncent « une trahison » de celui qui ne voulait « plus voir de guerres ».

Suivez la couverture complète

Moyen-Orient : les États-Unis et Israël frappent l’Iran

« Je ne veux plus voir de guerres », voilà la promesse de Donald Trump, alors candidat à la Maison Blanche lors du scrutin de novembre 2024. Un peu plus d’un an plus tard, difficile de dire qu’elle a effectivement été tenue. Samedi 28 février, avec l’armée israélienne, les États-Unis ont lancé des frappes sur l’Iran dans le but de renverser le régime. L’ayatollah Ali Khamenei a été tué, et Donald Trump se retrouve désormais dans l’obligation de tenter de convaincre les Américains que son choix était le bon. Mais ses anciens soutiens lui compliquent la tâche.

À droite, certains ayant milité ardemment pour son retour à la Maison Blanche estiment avoir été trahis. « C’est la pire trahison, parce qu’elle vient du même homme et du même gouvernement dont on croyait tous qu’ils étaient différents et disaient ‘ça suffit' », a ainsi pesté l’ex-députée républicaine Marjorie Taylor Greene, qui a démissionné de son siège d’élue à la Chambre des représentants en janvier. Dans un long message sur X (nouvelle fenêtre), elle a dénoncé ces frappes et le « mensonge » selon lequel l’Iran était sur le point d’obtenir des armes nucléaires. « Nous obtenons une guerre avec l’Iran pour le compte d’Israël. »

Des conséquences sur les élections de mi-mandat ?

Elle n’est pas la seule parmi les personnalités conservatrices à reprocher au président américain d’avoir lancé une guerre. Ancienne vedette de la chaîne Fox News et désormais podcasteur très suivi, Tucker Carlson a qualifié l’attaque sur l’Iran d’« absolument dégueulasse et diabolique » dans une interview à Jonathan Karl, journaliste d’ABC News.

Dans la sphère de la droite extrême, certains ont également rejeté toute idée d’une intervention militaire américaine au Moyen-Orient. Nick Fuentes, un podcasteur suprémaciste blanc, a reposté peu après l’annonce des frappes un message de 2024 sur X dans lequel il appelait à ce que les États-Unis n’entrent pas en guerre avec l’Iran et scandait « l’Amérique d’abord », un slogan de Donald Trump.

En décevant une partie de sa base, Donald Trump pourrait-il perdre de sa puissance, alors que les élections de mi-mandat approchent (3 novembre 2026) ? C’est ce que pense l’ancienne conseillère du président républicain, Mercedes Schlapp. Vendredi, à la veille des frappes, elle avait averti qu’une posture plus agressive envers l’Iran « pourrait être préjudiciable aux républicains au moment des élections (parlementaires) de mi-mandat ». « Je pense que la base MAGA signifiera de manière très forte et claire au président » son désaccord envers « une guerre dans la durée », a affirmé Mercedes Schlapp, qui a cependant exprimé son soutien aux frappes.

Il faudra surveiller ces scrutins de près : en novembre, ils décideront du contrôle du Congrès, où la majorité républicaine est faible, et donc de la suite du second mandat de Donald Trump.

I.N

Share.
Exit mobile version