mardi, janvier 20

Le calme n’aura pas tenu six mois. Le 27 juillet 2025, les pays européens capitulaient face à Donald Trump, acceptant des droits de douane unilatéraux de 15 % sur leurs produits entrant aux Etats-Unis, à l’exception de quelques secteurs (pharmacie, aéronautique…). L’objectif affiché était d’obtenir une paix commerciale durable, en évitant une surenchère coûteuse des deux côtés de l’Atlantique.

Le président américain n’a pas résisté longtemps à la tentation de ressortir l’arme des droits de douane. Il menace désormais huit pays européens – France, Allemagne, Suède, Pays-Bas, Finlande, Slovénie et, hors Union européenne (UE), Royaume-Uni et Norvège – d’imposer 10 % de taxes supplémentaires dès le 1er février, officiellement parce que ces pays ont envoyé des contingents militaires symboliques (quelques dizaines de soldats) au Groenland. Lundi 19 janvier, il a également menacé d’infliger des droits de douane de 200 % sur les vins et champagnes français en réponse au refus de son homologue Emmanuel Macron de rejoindre son « conseil de la paix » pour Gaza.

Si le choc géopolitique est immense dans la mesure où l’intégrité territoriale d’un pays de l’UE est en jeu, et l’avenir de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord, fragilisé, l’importance de la menace tarifaire doit être relativisée.

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« Les conséquences politiques écraseraient celles qui sont économiques », estime Neil Shearing, chef économiste du cabinet Capital Economics. Selon ses calculs, même si Donald Trump mettait sa menace à exécution, cela réduirait d’environ 0,1 point la croissance de ces huit pays. Et dans un scénario du pire, si Donald Trump augmentait ensuite les droits de douane de 25 % en juin, comme il l’envisage, cela coûterait entre 0,2 et 0,5 point de croissance. « [Une hausse de 10 %] serait bien sûr une mauvaise nouvelle, mais cela ne provoquerait certainement pas de récession en Europe », renchérit Sylvain Bersinger, fondateur du cabinet Bersingéco.

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