
La justice a rejeté, mercredi 11 février, une demande de remise en liberté de l’anesthésiste Frédéric Péchier, condamné en décembre à perpétuité pour 30 empoisonnements, dont 12 mortels, et qui demandait à sortir de prison pour mieux préparer son procès en appel, a appris l’Agence France-Presse (AFP) auprès des avocats de la défense et de la partie civile.
La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Besançon a rejeté la demande de l’accusé de 54 ans, ont déclaré à l’AFP son défenseur, Randall Schwerdorffer ainsi que l’un des avocats des parties civiles, Frédéric Berna.
L’ancien médecin de 54 ans, qui n’avait jamais été incarcéré pendant l’instruction et a comparu libre pendant son procès − une situation exceptionnelle au vu des charges qui pèsent contre lui −, a déposé cette demande devant la chambre d’instruction de la cour d’appel dès le jour de sa condamnation, le 18 décembre.
« S’assurer de sa présence au procès en appel »
A l’issue d’un procès de trois mois et demi chargé en émotion, la cour d’assises du Doubs l’a reconnu coupable d’avoir, entre 2008 et 2017 dans deux cliniques de Besançon, empoisonné 30 patients, dont 12 sont morts, en polluant des poches de perfusion avec différents produits pour provoquer un arrêt cardiaque ou des hémorragies, et cela afin de nuire à des soignants avec lesquels il était en conflit.
Depuis sa mise en examen début 2017, le médecin avait été placé sous contrôle judiciaire puis contraint de quitter Besançon pour vivre chez ses parents à Poitiers. Selon une source judiciaire, le ministère public devait requérir son maintien en détention afin d’éviter tout risque de suicide, de fuite ou de pression sur les témoins, et parce que sa remise en liberté troublerait l’ordre public.
« On ne peut pas envisager que Péchier se balade comme ça tranquillement, libre, dans Besançon et continue à toiser les victimes », avait estimé avant la décision Frédéric Berna, avocat de plusieurs parties civiles. Le maintien en détention se justifie « ne serait-ce que pour s’assurer de sa présence au procès en appel et pour le protéger, lui », avait-il jugé. Par le passé, l’ancien médecin a tenté deux fois de mettre fin à ses jours, en 2014 et 2021.
Le lieu et la date du nouveau procès ne sont pas encore fixés. Le grand nombre de parties civiles − près de 200 − complique son organisation. La cour d’appel de Besançon a donc demandé une dérogation pour que ce dossier hors norme soit jugé dans la même ville qu’en première instance, ce qui n’est pas prévu par les textes.
Une telle exception permettrait à un maximum de parties civiles d’assister aux débats, fait valoir Me Berna. Les avocats du médecin préféreraient cependant qu’il soit jugé à Paris ou à Lyon, car « il ne peut pas y avoir de procès équitable à Besançon », selon Me Schwerdorffer.




