vendredi, août 28

Le problème n’est pas nouveau, mais il s’est intensifié encore un peu plus cette année, rapporte notre correspondante à Bruxelles, Elena Louazon Depuis janvier 2026, la police recense déjà près de 70 fusillades et 110 personnes interpellées.

Ce midi, le procureur du roi de Bruxelles a décidé de tirer la sonnette d’alarme. « N’importe qui peut devenir une victime », a martelé Julien Moinil lors d’une conférence de presse. « Pour anticiper une question, est-ce que vous pensez que ça va se calmer ? Non. Est-ce qu’il y a des risques de nouvelles fusillades ? Oui. Et est-ce qu’il y a des risques pour les citoyens ? Oui. Et donc l’enjeu est énorme. »

Ces dernières semaines, au moins deux personnes ont été victimes de balles perdues, dont un père de famille, devenu paraplégique. Ces règlements de compte s’immiscent aussi dans le quotidien, comme celui des personnes venues manger une pizza en terrasse qui ont dû se cacher pour éviter des balles.

Dynamique de représailles entre trafiquants

« Manifestement, ils auraient un différend et donc on a une dynamique de représailles », a-t-il expliqué. Et cela ne s’arrêtera pas tant que les « têtes de réseau », qui se trouvent pour beaucoup à l’étranger, ne seront pas arrêtées, appuie-t-il. Certains chefs de bandes sont aussi en prison, mais continuent à ordonner ces fusillades depuis leurs cellules, a également dénoncé le magistrat. Il a une nouvelle fois appelé les autorités à équiper les prisons de « brouilleurs » de téléphone portable pour éviter la poursuite de ces activités criminelles.

Face à une situation de plus en plus hors de contrôle, le gouvernement a annoncé un grand plan. Et notamment promis l’envoi de policiers supplémentaires. Insuffisant pour Julien Moinil : « Mettre 40 personnes en plus dans la rue, c’est très bien. Mais s’il n’y a pas de travail de fond derrière, les fusillades vont continuer. Donc j’attends que des mesures en profondeur soient prises. C’est pas avec des petites mesures qu’on va arriver à solutionner un problème aussi gigantesque, c’est avec un réel investissement. » Pour l’heure, aucune mesure de soutien au secteur de la justice n’a été annoncée par le gouvernement.

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