vendredi, janvier 30
Simone Biles (à gauche) et Jordan Chiles (à droite), s’inclinent devant Rebeca Andrade, lors de la cérémonie de remise des médailles de la finale olympique du sol des Jeux de Paris, le 5 août 2024.

Ce fut l’un des feuilletons des Jeux olympiques de Paris. Ce 5 août 2024, sur le podium de l’épreuve du sol, la gymnaste brésilienne Rebeca Andrade, vainqueure, recevait la révérence des Américaines Simone Biles, 2e, et Jordan Chiles, 3e. L’image avait alors fait le tour du monde. Mais la dernière s’était vu retirer, quelques jours plus tard, sa médaille de bronze, à la suite d’une réclamation de l’équipe de Roumanie, au profit d’Ana Barbosu.

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Jordan Chiles va pouvoir, de nouveau, réclamer sa récompense, grâce à un recours partiellement accepté par le Tribunal fédéral suisse (TFS). Saisie en cassation, la juridiction de Lausanne « renvoie l’affaire devant le Tribunal arbitral du sport » (TAS), qui avait déclassé la sportive le 10 août 2024, « pour qu’il statue à nouveau », explique-t-elle dans un communiqué, jeudi 28 janvier.

A l’origine de cette affaire : la révision de la note de l’Américaine, juste après son passage, lui ayant permis de dépasser Ana Barbosu. La procédure est classique dans les compétitions de gymnastique, où athlètes et entraîneurs demandent parfois aux juges de revoir une routine pour s’assurer que les éléments sont correctement notés, ce qui peut aboutir à la réévaluation à la hausse ou à la baisse le nombre de points.

L’équipe roumaine avait contesté cette révision, au motif que cette dernière avait été déposée quatre secondes après expiration du délai imparti. Le TAS lui avait donné raison et, cinq jours après la finale, le Comité international olympique (CIO) réattribuait la récompense à Ana Barbosu. Le 16 août 2024, la jeune femme recevait sa médaille à l’occasion d’une cérémonie à Bucarest.

« Circonstances tout à fait exceptionnelles »

Les avocats de Jordan Chiles ont affirmé détenir la preuve en vidéo que leur cliente avait formulé sa requête dans les temps, argument retenu par le Tribunal fédéral suisse. « Dans les circonstances tout à fait exceptionnelles de la cause en litige », celui-ci « estime que l’enregistrement audiovisuel de la finale du 5 août 2024 est susceptible d’entraîner une modification de la sentence contestée dans un sens favorable aux parties requérantes », comme il le précise dans son communiqué.

Le TFS a, en revanche, estimé qu’il n’y avait pas eu de « manque d’indépendance et d’impartialité » du chef du panel du TAS ayant jugé ce dossier, mis en cause par la défense de Jordan Chiles au motif qu’il avait travaillé en tant que conseiller pour la Roumanie. Le pays, qui fut longtemps une des grandes nations de la gymnastique, n’avait plus vu une de ses représentantes monter sur un podium olympique depuis les Jeux de Londres, en 2012.

Il reviendra au TAS de fixer une nouvelle audience et, en fonction de son nouveau verdict, le CIO organisera ou non une nouvelle remise de médaille.

Le Monde avec AFP

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