mercredi, février 11
Un salarié d’Ubisoft arborant un masque de Lapin crétin, durant le mouvement de grève dans l’entreprise, à Saint-Mandé (Val-de-Marne), le 10 février 2026.

La grève au sein d’Ubisoft a mobilisé, mardi 10 février, plusieurs centaines de salariés parmi les 3 800 que compte le géant du jeu vidéo en France, ce qui en fait l’un des plus importants mouvements sociaux qu’a connu le groupe, en pleine réorganisation.

Les organisations syndicales ont revendiqué « au moins 1 200 personnes en grève dans le groupe Ubisoft », tandis que la direction a indiqué à l’Agence France Presse (AFP) avoir compté « 538 grévistes déclarés, soit moins de 15 % de [ses] effectifs en France » – un chiffre malgré tout important dans un secteur où les grèves sont rarement massives. Des rassemblements ont eu lieu en région parisienne, mais aussi devant les studios de l’entreprise à Bordeaux, Montpellier, Annecy et Lyon.

En début d’après-midi, plus d’une centaine d’employés s’étaient réunis devant le siège de l’éditeur à Saint-Mandé (Val-de-Marne), arborant drapeaux et pancartes exigeant que la direction revienne sur son projet de retour à cinq jours de présentiel par semaine.

A Bordeaux, où une trentaine de salariés ont battu le pavé devant le studio implanté dans le quartier de la Bastide, Laura Turban, représentante du Syndicat des travailleurs et travailleuses du jeu vidéo (STJV), a déclaré à l’AFP voir dans cette mesure « un moyen de pousser les employés vers la sortie ».

Ce revirement sur le travail à distance a été annoncé en janvier dans le cadre d’une réorganisation plus vaste de l’entreprise, qui va réunir ses studios par expertise et dans des unités autonomes. Empêtré dans des difficultés financières, l’éditeur des jeux Assassin’s Creed, Just Dance ou encore Far Cry cherche à se relancer, dans un marché devenu de plus en plus compétitif.

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Nombreuses annulations de jeux

Ce grand chambardement interne s’accompagne d’une nouvelle cure d’austérité de 200 millions d’euros sur deux ans et l’annulation de plusieurs jeux, dont des titres attendus comme une version modernisée du classique Prince of Persia : les sables du temps.

Le groupe a également annoncé, fin janvier, un projet de plan de départs volontaires, sous la forme d’une rupture conventionnelle collective, visant 200 postes au siège, qui compte 1 100 salariés. Ubisoft a déjà fermé plusieurs de ses studios à l’étranger, notamment à San Francisco (Etats-Unis), Osaka (Japon), Leamington (Royaume-Uni), Stockholm (Suède) et Halifax (Canada).

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A Saint-Mandé, les grévistes ont été rejoints par les députés (La France insoumise) Ugo Bernalicis et Antoine Léaument, ainsi que par la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, qui a rejoint des militants syndicaux arborant des masques à l’effigie des Lapins crétins, personnages emblématiques de l’éditeur. Un piquet de grève a également été mis en place devant le studio de Milan.

De son côté, la direction assure que le nouveau modèle opérationnel du groupe permettra d’être plus compétitif. « Nous sommes conscients que ces évolutions, notamment en matière d’organisation du travail, suscitent des réactions fortes », a déclaré, lundi, Ubisoft dans un communiqué transmis au Monde, et dit être « engagée dans un dialogue ouvert et constructif avec les employés et les représentants du personnel ». Les syndicats ont appelé à poursuivre le mouvement jusqu’à jeudi.

Lire le récit | Article réservé à nos abonnés Ubisoft : comment le géant français du jeu vidéo est arrivé, après des années de crise, à un point de rupture

Le Monde avec AFP

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