
La myéline démultiplie par 50 à 100 la vitesse de conduction de l’influx dans notre système nerveux. Telle une gaine isolante enrobant des fils électriques, elle enveloppe une large proportion de nos axones, ces longs et fins prolongements des neurones. Le long d’un même axone, elle est interrompue régulièrement par des segments à nu, seuls capables de conduire les impulsions électriques. Résultat, l’influx nerveux « saute » d’un segment au suivant.
C’est ainsi que l’influx nerveux peut filer à la vitesse de 50 à 100 mètres par seconde. « La myéline offre ainsi de meilleures capacités d’anticipation, de planification et de réalisation des mouvements. Mais aussi de cognition », selon Brahim Nait-Oumesmar, directeur de recherche Inserm à l’Institut du cerveau, à Paris. L’apprentissage intensif du piano, par exemple, augmente la myélinisation de certains faisceaux de fibres nerveuses.
Alors que les premières observations de la myéline datent de 1838, il faudra attendre plus d’un siècle pour en visualiser l’étrange mode de construction. En 1962, le microscope électronique lève enfin toute ambiguïté : cette gaine provient non pas des neurones eux-mêmes, mais des prolongements membranaires d’autres cellules du système nerveux.
Il vous reste 77.12% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.




