- Le gouvernement a publié ce mercredi 7 janvier au Journal officiel un arrêté interdisant l’importation de produits agricoles traités avec des substances prohibées dans l’Union européenne.
- Cinq fongicides et herbicides, permettant de traiter de nombreux fruits, légumes et céréales, sont mentionnés.
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Dermatose nodulaire, Mercosur : les agriculteurs mobilisés
Tenter de répondre aux inquiétudes des agriculteurs. Le gouvernement a publié ce mercredi 7 janvier un arrêté au Journal officiel interdisant l’importation de produits agricoles traités avec des substances prohibées dans l’Union européenne. Dans le détail, cinq fongicides et herbicides, permettant de traiter de nombreux fruits, légumes ou céréales, sont mentionnés. Il s’agit du mancozèbe, utilisé pour traiter les avocats, les mangues, ou encore les poivrons, le thiophanate-méthyl (coings, agrumes, avoine…), le glufosinate (pommes de terre), le carbendazime et le bénomyl (tomates, graines de soja, blé…).
Un arrêté pas seulement « dirigé contre l’Amérique du Sud »
Cette arrêté vise à apaiser certaines craintes des producteurs français, au moment où la Commission européenne s’apprête à signer l’accord commercial avec les pays latino-américains de l’alliance Mercosur. Un traité qui favorisera le libre-échange, notamment sur le plan agricole, de nombreux produits entre les deux continents. Mais celui-ci fait aussi craindre à beaucoup d’agriculteurs de voir débarquer sur le marché européen des milliers de produits traités en Amérique du Sud avec des pesticides pourtant interdits en Europe.
Toutefois, cette nouvelle mesure n’est pas seulement « dirigé[e] contre l’Amérique du Sud
« , assurait le ministère de l’Agriculture en début de semaine. « [L’arrêté] est dirigé contre tout pays du monde qui traiterait les fruits et légumes concernés avec une de ces cinq substances
« , font ainsi valoir les services de la ministre Annie Genevard. Pour être entérinée, la disposition devra néanmoins être validée par Bruxelles. « La Commission européenne va disposer de dix jours pour l’analyser, donc il rentre en vigueur indépendamment de ces dix jours
« , précise le ministère de l’Agriculture.
Ultime réunion sur le Mercosur à Bruxelles
Ce mercredi, Annie Genevard est attendue à Bruxelles pour une ultime réunion au sujet du Mercosur, en compagnie de ses 26 autres homologues de l’UE. Si la France, la Pologne et la Hongrie demeurent opposées à la signature du traité, l’Italie, jusque-là rétive, semble désormais avoir été convaincue par la Commission européenne.
Le gouvernement de la Première ministre Giorgia Meloni a en effet salué le dernier geste accordé par Ursula von der Leyen en faveur des 27. La dirigeante européenne a autorisé une rallonge budgétaire dans la future politique agricole commune (PAC) de l’UE, en débloquant de façon anticipée 45 milliards d’euros dès 2028.
Pas de quoi convaincre Paris, toujours sur la même ligne. « Le compte n’y est pas
« , a regretté ce mercredi le ministre délégué chargé de l’Europe, Benjamin Haddad, sur France 2. « On continuera à se battre.
» Après sa signature, l’accord avec le Mercosur doit encore être ratifié au Parlement européen. Un vote qui, selon les observateurs, s’annonce incertain.




