- L’écologiste Grégory Doucet est parvenu à conserver la mairie de Lyon, dimanche 22 mars, face à Jean-Michel Aulas.
- La gauche a toutefois perdu la métropole lyonnaise, au profit de la droite et Véronique Sarselli.
- Dans le Rhône, l’heure est désormais à une périlleuse « cohabitation ».
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Élections Municipales 2026
L’un des derniers bastions écologistes. Dimanche 22 mars, six ans après la « vague verte » durant laquelle ils avaient remporté plusieurs mairies, les Écologistes ont perdu gros lors du deuxième tour des élections municipales. Par l’intermédiaire de Grégory Doucet (50,67%), allié avec La France insoumise, ils ont toutefois réussi à conserver la troisième ville de France, Lyon, que convoitait l’ancien patron de l’OL, Jean-Michel Aulas, qui n’a pas immédiatement reconnu sa défaite. Reste que la victoire n’est pas totale.
Contrairement à 2020, les Écologistes ont cette fois perdu la métropole : le sortant Bruno Bernard va laisser sa place à la LR Véronique Sarselli. Grand cœur Lyonnais, le mouvement fondé par « JMA » et comprenant des candidats allant du MoDem à LR en passant par Renaissance et Horizons, a ainsi remporté 92 des 150 sièges du conseil de la Métropole, les listes de Bruno Bernard 49, le RN 5, LFI 3, et une liste divers gauche 1 siège. Anecdotique ? Loin de là.
Un budget quatre fois plus lourd à la métropole
Créée en 2015, la métropole de Lyon, qui englobe 58 communes et 1,4 million d’habitants, est la seule communauté d’agglomération de France dont l’assemblée est élue au suffrage universel direct. Ses pouvoirs sont bien supérieurs à ceux des municipalités, même celle de Lyon. Ce n’est sans doute pas un hasard si Gérard Collomb, maire de Lyon presque sans discontinuer durant deux décennies, s’était plutôt présenté (sans succès) à la métropole et non à l’Hôtel de Ville en 2020.
Il faut dire que les moyens et responsabilités y sont bien supérieurs. À la métropole, le budget annuel pèse près de quatre milliards d’euros. À titre de comparaison, c’est moins de 1,2 milliard pour la ville de Lyon. Elle a aussi récupéré une partie des compétences du département du Rhône : c’est à la métropole qu’est géré le développement économique, la voirie, les collèges, ou encore l’action sociale.
Quel programme mis en œuvre ?
« Les compétences de la ville et de la métropole sont excessivement liées sur le changement de la ville au quotidien »
, analysait Gautier Chapuis, adjoint de Grégory Doucet, auprès de TF1info avant le deuxième tour. « La ville gère les parcs, les jardins, la police municipale et les écoles. La métropole détient elle les transports en commun, les collèges, la régie de l’eau, mais aussi toute la politique sociale. Dès lors, une cohabitation entre la ville et la métropole serait très difficile. L’intérêt général pourrait en pâtir. »
La crainte des écologistes est finalement devenue une réalité : pour les six ou sept prochaines années, métropole lyonnaise et ville de Lyon ne seront pas alignées. De quoi forcément diminuer les marges de manœuvre de Grégory Doucet, qui avait axé sa campagne sur le logement, la santé et la sécurité.
Au contraire, une partie du programme porté par Jean-Michel Aulas, pourtant battu dans les urnes de la capitale des Gaules, pourrait bien voir le jour. À l’instar de son allié, Véronique Sarselli a promis de remettre en cause plusieurs projets structurants de Bruno Bernard, comme un tramway dans l’ouest lyonnais, auquel elle préfère une ligne de métro, et certaines mesures de régulation de la circulation. Accusant la majorité sortante d’avoir mené « une chasse dogmatique à la voiture »
, elle souhaite aussi rouvrir certaines voies devenues interdites aux automobilistes et creuser un nouveau tunnel routier de huit kilomètres sous la ville. À Lyon, les prochaines années s’annoncent donc agitées.




