vendredi, janvier 30
Le ministre de l’économie et des finances, Roland Lescure, à l’Elysée, le 28 janvier 2026.

Le produit intérieur brut (PIB) français a augmenté de 0,9 % sur l’année 2025, après une croissance de 0,2 % au quatrième trimestre, a annoncé, vendredi 30 janvier, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) dans une première estimation. Le PIB a ralenti sur les derniers mois de l’année après une robuste croissance de 0,5 % au troisième trimestre. Le PIB annuel est conforme aux attentes, après 1,1 % en 2024 et 1,6 % en 2023.

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« Nos résultats économiques sont encourageants », s’était félicité le ministre de l’économie et des finances, Roland Lescure, le 23 janvier : « tout pointe vers une croissance de l’année dernière sans doute plus proche de 0,9 % que le 0,7 % auquel nous nous attendions ».

Nouvelle baisse de la consommation des ménages

Les dépenses de consommation des ménages français en biens ont affiché une nouvelle baisse en décembre, de 0,6 % en volume, après le repli de 0,3 % de novembre, en raison notamment d’un net recul de la consommation des biens fabriqués. Sur l’ensemble du 4e trimestre 2025, la consommation des ménages en biens s’accélère (+ 0,4 %, après + 0,1 % au 3e trimestre) : « la consommation des biens fabriqués augmente de nouveau, la consommation d’énergie ralentit un peu et la consommation alimentaire est stable », détaille l’Insee.

Fin 2025, l’économie, au vu des enquêtes mensuelles déjà publiées par l’Insee, a davantage reposé sur les entreprises que sur la consommation des ménages, restée assez terne, tandis que leur épargne atteint presque 19 % de leur revenu disponible. Si l’année s’est mieux terminée que prévu, « on le doit en grande partie aux entreprises qui ont continué d’investir, de recruter, de produire et d’exporter », avait noté le ministre de l’économie.

Début 2026, pour lequel l’Insee prévoit actuellement 0,3 % de croissance à chacun des deux premiers trimestres, l’incertitude budgétaire est en voie d’être définitivement levée, avec l’adoption quasi-assurée du projet de loi de finances par un dernier recours au 49.3 à l’Assemblée nationale vendredi, après le rejet du texte au Sénat jeudi.

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En revanche, une croissance correcte ne règle que très partiellement le problème massif de finances publiques du pays. Le gouvernement, qui espérait faire adopter un budget basé sur un déficit des administrations publiques de 4,7 % du PIB, a dû se résoudre à des compromis, particulièrement avec le Parti socialiste, qui amèneront le déficit à 5 %, après 5,4 % en 2025.

D’ores et déjà, l’agence Moody’s en a douté cette semaine, prédisant un déficit restant à 5,2 % cette année. « Il est urgent d’agir, de réduire vigoureusement notre déficit public » − le pire de la zone euro −, « de maîtriser nos dépenses et de stabiliser notre dette publique », la troisième de la zone, avait rappelé jeudi la présidente par intérim de la Cour des comptes, Carine Camby.

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Le Monde avec AFP

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