samedi, mars 7

C’est ici, à Paris, dans ce petit bout de Perse du 15e arrondissement, qu’une partie de la diaspora iranienne s’est installée à partir de la révolution de 1979. Ici, dans les tours de Beaugrenelle alors tout juste sorties de terre, « parce que les Iraniens aiment ce qui est moderne et carré », sourit Shayan (les personnes citées par leurs prénoms n’ont pas souhaité communiquer leurs noms de famille), 41 ans, née en Iran, en France depuis l’âge de 18 ans. C’est ici, rue des Entrepreneurs, entre les numéros 59 et 72, que s’alignent aujourd’hui encore restaurants iraniens et épiceries fines persanes. Shayan y dirige une enseigne familiale vieille de plusieurs décennies.

Depuis l’offensive militaire américano-israélienne lancée le 28 février, elle vit dans la crainte et l’espoir. La crainte, d’abord, pour sa famille en Iran, sa mère dont elle attend chaque jour des nouvelles qui arrivent au compte-gouttes – Internet et la plupart des communications téléphoniques ont été coupés. L’espoir, aussi, qui vient de renaître pour l’avenir de son pays natal. « J’ai longtemps espéré qu’un soulèvement populaire parviendrait à renverser les mollahs, mais on n’y arrivait pas. Alors oui, j’attendais cette aide extérieure », confie-t-elle.

Selon un chiffre sous-évalué d’une étude de 2006 et des Iraniens interrogés, 25 000 personnes nées en Iran composeraient cette petite communauté en France – loin derrière les diasporas d’Allemagne ou de Suède par exemple, très loin derrière celle de Los Angeles, aux Etats-Unis, qui compterait environ 500 000 membres – « mais qui a sa petite importance en influence », veut croire un militant de gauche.

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