mardi, juin 2

La Commission européenne va demander à l’Italie d’adopter une stratégie industrielle visant à réduire les disparités territoriales, à réformer son système fiscal et à renforcer son marché des capitaux, selon un document consulté par Euronews.

Ces recommandations, qui doivent être publiées le 3 juin, constituent une forte incitation de l’institution européenne à renforcer la compétitivité de l’Italie, une priorité pour la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen.

Depuis le début de son mandat, Ursula von der Leyen a fait de la compétitivité de l’Europe à l’échelle mondiale, dans un contexte d’incertitudes géopolitiques, le cœur de son agenda politique.

Pour y parvenir, la Commission pousse les États membres à accélérer les réformes.

Une stratégie industrielle jugée « faible »

Ce document, qui pourrait encore être modifié à la dernière minute, critique sévèrement l’absence d’une véritable stratégie industrielle et les disparités entre le Nord et le Sud.

Il en attribue les causes, entre autres, à une fragmentation excessive des aides, à l’absence de hiérarchisation des secteurs stratégiques et à la faible coordination entre les politiques industrielles, d’infrastructures et de recherche.

« Une productivité stagnante continue de caractériser l’Italie, tout en reflétant de forts écarts entre les régions du Nord et du Sud », peut-on lire dans le document, qui ajoute que les déficits en matière d’infrastructures comptent parmi les principaux facteurs limitant la compétitivité.

Malgré la présentation par le gouvernement d’un Livre blanc « Made in Italy 2030 », qui définit une stratégie industrielle, il n’existe pas de « mesures politiques claires ni de structure de gouvernance pour la politique industrielle », souligne le document.

Un plan industriel ne peut être pleinement efficace qu’avec un marché des capitaux plus développé ; c’est pourquoi la Commission recommande de « favoriser la mobilisation de l’épargne, l’essor des marchés des capitaux et la croissance et la concentration des entreprises », précise le document.

De vives critiques sur la fiscalité

La Commission européenne critique sévèrement le régime fiscal italien, jugé trop fortement assis sur l’imposition du travail.

« Déplacer davantage la charge fiscale du travail vers d’autres sources de recettes sous-utilisées, moins préjudiciables à la croissance, contribuerait à accroître le potentiel économique », recommande la Commission.

Elle critique également le régime de flat tax pour les travailleurs indépendants, estimant qu’il rend le système fiscal « très complexe », car il « affaiblit la progressivité et érode l’assiette fiscale, entraînant des pertes de recettes significatives ».

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