lundi, août 17

  • Le Conseil constitutionnel a censuré, vendredi 14 août, la loi interdisant les réseaux sociaux aux jeunes de moins de 15 ans.
  • Auprès de TF1, une mère s’indigne de cette décision.
  • Son fils Clément a mis fin à ses jours à l’âge de 15 ans il y a deux ans, après des semaines de cyberharcèlement.

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Elle connaît les dégâts irréparables que peuvent causer les réseaux sociaux sur les adolescents. Après la censure par le Conseil constitutionnel vendredi 14 août de la loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, une mère interpelle le gouvernement. Son fils Clément, 15 ans, s’est suicidé en septembre 2024 après avoir été victime de cyberharcèlement.

« Clément avait 15 ans et en 2024, il a mis fin à ses jours en sautant d’un pont de 14 mètres », raconte au micro de TF1 sa mère, Emmanuelle Pouédras. Son fils recevait des messages d’insultes incessants en ligne, dont elle en lit certains dans le reportage en tête de cet article.

Pour cette mère, il n’y a aucun doute, son fils serait toujours en vie si les réseaux sociaux étaient interdits aux mineurs par la loi. « Clément, il serait avec nous et il grandirait. Il ne se serait pas fait insulter sur les messageries. Il ne se serait pas fait enfermer dans l’algorithme. Il n’aurait pas vu des contenus qui ont altéré sa santé mentale », affirme Emmanuelle Pouédras.

Quand c’est tombé, j’étais sans voix. C’est plus qu’un retour en arrière. Je suis en colère.

Emmanuelle Pouédras au micro de TF1

Afin de protéger les mineurs, une loi a été votée pour interdire l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans. Elle devait entrer en vigueur dès septembre, mais les Sages ont donc décidé de la censurer. « Les dispositions [de la loi] (…) portent une atteinte disproportionnée à la liberté d’expression et de communication et (…) n’ont pas prévu les garanties légales propres à assurer le droit au respect de la vie privée », ont déclaré les membres du Conseil Constitutionnel.

Cette décision a profondément choqué Emmanuelle Pouédras. « Quand c’est tombé, j’étais sans voix. C’est plus qu’un retour en arrière. Je suis en colère. Comment le gouvernement et le législateur peuvent proposer une loi qui, derrière, ne passe pas au Conseil constitutionnel ? », s’indigne la mère de famille. 

Même si elle respecte la décision des Sages, Emmanuelle Pouédras estime que la protection des enfants doit passer au-dessus de la liberté d’expression des mineurs sur les réseaux sociaux. « On les protège d’eux-mêmes. C’est-à-dire qu’un jeune, à moins de 15 ans, il ne sait pas, il n’a pas encore mesuré les dangers. Il trouve que c’est cool, mais il ne voit pas les dangers. Nous, on les a vus, les dangers », assure-t-elle. 

Le président de la République Emmanuel Macron a chargé son Premier ministre Sébastien Lecornu de travailler à une nouvelle rédaction du texte, « juridiquement robuste », avec pour objectif une adoption d’ici au printemps 2027.

L.F | Reportage TF1 : Médéric PIRCKHER et Mateo STEPHAN

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